Les skyrs débarquent en version végétale
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- Auteur : Magali Monnier
Le succès du skyr laitier n’est plus à démontrer. En deux ans, son taux de pénétration en grande distribution a augmenté de 13 points, selon NielsenIQ. Cette spécialité laitière hyperprotéinée s’est déjà fait une place dans près d’un foyer sur trois en France, estime le panéliste. L’engouement a également gagné le réseau spécialisé bio avec un chiffre d’affaires qui a progressé d’environ 40 % entre 2021 et 2022, d’après les données de Biotopia Insight. La tendance n’a pas échappé aux spécialistes de l’ultra frais végétal qui n’ont pas tardé à dégainer leurs recettes.
Mo’Rice et Puffy’s, la start up spécialiste des skyrs laitiers, ont tiré les premiers en début d’année 2023 avec une recette à base d'amande et riz pour le premier et d'amande et pois chiche pour le second (voir diaporama ci-dessous). Biochamps, avec sa nouvelle marque Les Prés d’Ariège, les a rejoints au second semestre avec une référence au soja. Sur le segment historique et majoritaire des desserts au soja, « le skyr est une porte d’entrée pour nous différencier », avance Philippe Jean, responsable commercial chez Biochamps.
Un fort potentiel de croissance
Les consommateurs semblent en tout cas conquis. « Après seulement quelques mois de lancement, le skyr représente déjà notre meilleure vente au sein de notre catalogue », s’enthousiasme Jean-Christophe Bernard, co-fondateur de Mo’Rice. Un succès que ce dernier attribue aux caractéristiques sensorielles de son innovation mais pas seulement. « Sur le marché des desserts végétaux, il existe peu d’offres riches en protéines, à l’exception des préparations au soja, constate Jean-Christophe Bernard. Or la demande des consommateurs du réseau bio sur cette typologie de produits est forte ». Les skyrs végétaux, le nouvel eldorado du rayon de l’ultra-frais végétal ? A condition de parvenir à proposer des recettes abordables. « Avec autant de protéines, il s’avère compliqué de rester accessible en termes de prix », explique Jean-Christophe Bernard.
Conscient de la susceptibilité des consommateurs sur le sujet, l’entrepreneur s’est appuyé sur le lancement réussi de son skyr végétal afin de baisser les coûts de production et les frais d’approvisionnement. Pour finalement atteindre un prix de vente conseillé plus abordable, « équivalent à celui des skyrs au lait de brebis », souligne-t-il. Une chose est certaine : les spécialistes de la bio ne pourront faire l’économie de cette réflexion. Car déjà, la spécialité pointe son nez en grande distribution avec le lancement en cette fin d’année d’une offre signée Sojasun (non bio). La guerre des prix est déclarée.