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Jay & Joy renaît de ses cendres

La marque pionnière des « Vromages » a repris la commercialisation à la fin de l’été après une traversée du désert pour cause de Listeria. Son nouveau propriétaire, César Augier, a réinjecté 2 millions d’euros dans l’affaire grâce à une levée de fonds. Six mois plus tard, où en est l’entrepreneur ? Circuits Bio lui a tendu le micro.
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  • Modifié :
  • Auteur : Erwan Le Fur

Circuits Bio – Combien de magasins bio proposent aujourd’hui vos produits ?
César Augier – Environ 1700 en France. Nous avons repris la commercialisation en août en commençant par la vente en ligne et l’export (Allemagne, Bénélux, Italie et Suisse). Dès la fin de l’été, on s’est appuyés sur Relais Vert et Vitafrais pour intégrer ou réintégrer le réseau d’indépendants et on a repris l’activité avec Accord Bio, Biomonde, Koalibio, L’Eau Vive et Satoriz notamment. Biocoop et La Vie Claire ont suivi peu de temps après. Depuis janvier, nos produits sont également de retour chez Naturalia.

CB – Quelles mesures ont été mises en place avant de rétablir la production ?
CA – On a commencé par un grand nettoyage de l’unité de production afin de repartir de zéro. Nous avons également remis à jour tous les protocoles de nettoyage avec l’aide d’une entreprise spécialisée dans les questions liées à la désinfection. Le redémarrage de l’activité s’est déroulé sous la supervision d’un des plus grands experts français de la Listeria, en la personne de François Bourdichon. De telle sorte que notre plan de maîtrise du risque sanitaire est aujourd’hui bien plus robuste.

CB – Quels sont plus précisément vos engagements sur le sujet ?
CA – Le suivi qualité est assuré par une équipe dédiée, dirigée par un responsable expérimenté. Tous nos fournisseurs doivent désormais nous adresser le résultat des tests bactériologiques menés sur les matières premières avant même qu’on les déballe. A l’autre bout de la chaîne, nous avons mis en place un dispositif de contrôle libératoire systématique piloté par un laboratoire indépendant. En parallèle, nous vérifions chaque semaine l’absence de bactéries pathogènes au sein de l’usine, et ce en de nombreux points.

CB – Comment souhaitez-vous accélérer votre développement ?
CA – Pour le moment, notre offre se limite aux cinq best-sellers de notre ancien catalogue. Mais on a plusieurs recettes dans les tiroirs. Notre objectif est de continuer à nous inspirer des techniques traditionnelles de la fromagerie et de l’affinage afin de proposer de nouvelles recettes qui n’aient rien à envier à l’univers des protéines animales. Il existe tellement de fromages différents que notre terrain de jeu est immense. L’assortiment de Jay & Joy s’enrichira dès cette année, nos équipes R&D y travaillent. Nous souhaitons également développer notre activité à l’export, en renforçant notre position en Europe dans un premier temps puis en partant à la conquête des Etats-Unis et de l’Asie.

CB – Pourquoi ces deux marchés en particulier ?
CA – Aux Etats-Unis, le marché est beaucoup plus mâture qu’en Europe et affiche des taux de croissance de l’ordre de 25 à 30 % par an. Le savoir-faire français peut constituer un véritable atout. Jay & Joy s’est d’ailleurs fait approcher par plusieurs distributeurs outre-Atlantique. En Asie, le fromage reste un produit de luxe. Dans une région où un grand nombre d’habitants souffre d’intolérance au lactose, nos spécialités végétales pourraient contribuer à recruter de nouveaux consommateurs. Ces différents développements nécessiteront probablement une autre levée de fonds.

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