Une reprise pour le marché des yaourts et desserts, laitiers comme végétaux
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- Auteur : Magali Monnier
Le végétal pèse 31 % du CA des desserts et yaourts ultra frais en 2024 sur le réseau spécialisé bio selon Biotopia Insight.
Les signaux sont au vert. À fin 2024, la pénétration, la fréquence d'achat et le panier moyen sur le marché des yaourts et desserts frais (laitiers + végétaux) sont en progression d'après Biotopia Insight (voir p. 32). " Nous estimons que la croissance de l'ultra frais laitier atteint environ 5 % en volume selon différentes sources , présente Adrien Decool, chef de marques réseau bio chez Olga (Tante Hélène, La Bergerie, La Chèvrerie). Cette reprise se confirme sur le début d'année 2025 . " La tendance est davantage à la stabilisation sur le végétal après quelques années de baisse. Le soja, principale base, se maintient, quand la coco progresse.
Côté laitier, tous les sous-segments sont en positifs. Que ce soit les " basiques " (yaourt et fromage blanc), les recettes gourmandes ou l'offre santé (skyr, kéfir, sans lactose). Cette dernière tire la croissance avec une progression à deux chiffres (lire p. 34). La tendance est aussi à la hausse pour les laits de brebis et chèvre.
Sous le seuil psychologique des 3 €
Cette reprise est étroitement liée au retour des consommateurs en réseau bio. Mais pas seulement. " De gros efforts ont été réalisés sur le prix, à la fois côté distributeurs et fournisseurs , explique Adrien Decool. En particulier sur l es références piliers , offrant un développement des ventes robuste. " Par exemple, le fromage blanc de brebis signée La Bergerie en pot de 400 g, un des produits phare du réseau, a baissé son tarif de 5 % au printemps 2024 . " Nous avons visé un prix inférieur au seuil psychologique des trois euros , détaille Adrien Decool. Nos données internes montrent que rester sous cette barre entraîne des volumes de vente supplémentaires considérables. Ce levier est à activer sur certaines références stratégiques. " Pour La Bergerie, quatre codes sont concernés. Le fromage blanc a bénéficié d'une hausse des ventes à deux chiffres " suite à cette réduction de prix efficace mais aussi grâce à ses qualités gustatives , selon Adrien Decool. L'accessibilité ce n'est pas que le prix. Cela passe aussi par des recettes consensuelles qui plaisent aux familles et acheteurs mixant avec les GMS. " Une stratégie poussée par sa marque Tante Hélène dont les volumes ont progressé de près de 10 % l'an passé. Et ce, sans baisse de prix.
Bonneterre fait partie cette année encore du plan anti-inflation du groupe Ecotone (amorcé en 2023), avec des prix serrés sur quelques yaourts et desserts. Organic Alliance s'y attèle à son tour et a fortement diminué son tarif pour deux yaourts conditionnés par quatre : - 20 % pour la recette nature en décembre et - 13 % sur la vanille depuis mars 2025. Le grossiste a joué sur ses marges en basculant ses deux références initialement signées Lait Plaisirs sous Osé Bio, pour un positionnement plus cohérent avec le rapport qualité-prix du produit. Et le grossiste continue à déployer sa marque accessible sur de nouveaux segments (lire pages 32 et 34).
Pour garder son offre de mousse au chocolat abordable, Grandeur Nature a revu son mix produit et a changé pour cela de sous-traitant. Elle troque au passage le pot en verre pour un emballage en carton moins onéreux. " Ceci permet de maintenir le même prix de vente malgré la hausse du cours du cacao et du verre ", selon Lisa Bescond, chef de marché chez Laiterie Le Gall.
Le prix au kilo des desserts coco a baissé de 0,90 €
En 2024, le prix kilo moyen des desserts végétaux est 24 % supérieur à celui des produits ultra frais au lait de vache en magasin bio, selon un panel distributeurs. " Le prix constitue un réel levier à activer pour démocratiser le végétal ", souligne Solenne Jan, directrice marketing et communication de Biogroupe. Sa marque Ya vient de sortir une référence de velouté coco à 1 € le pot de 100 g vendu à l'unité. La Manufacture végétale s'aligne sur un tarif au pot aussi agressif avec son nouveau brassé vendu par quatre (lire ci-contre). Abbot Kinney's a pour sa part diminué ses tarifs de 8 % en moyenne l'an passé, lui permettant " de gagner des parts de marché ", selon Marie Faulquier, cheffe de groupe chez Bonneterre & Cie. Le prix moyen au kilo des desserts coco en réseau bio a baissé de 0,90 € en 2024 par rapport à l'année précédente, selon un panel distributeurs.
Aux côtés des efforts réalisés sur l'accessibilité prix des piliers du rayon l'an passé, " le levier de l'innovation n'a pas été négligé et a aussi permis a ux magasins de développer leurs ventes ", témoigne Adrien Decool. Le skyr de Tante Hélène ou encore les versions végétales de Morice et Les Prés d'Ariège ont par exemple contribué au dynamisme du marché, selon les marques. Abbot Kinney's vante aussi les bonnes performances de ses canettes, à mi-chemin entre le dessert et la boisson végétale. La marque innovera encore sur le snacking dès septembre.