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Les « steaks végétaux » dans le viseur de Bruxelles

Quelques mois après que la France a autorisé les « steaks végétaux » et autres « lardons sans viande », le débat rebondit à Bruxelles. Le Parlement européen a adopté un amendement, porté par une eurodéputée… française.
  • Publié :
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  • Auteur : Amaury Beautru
Rayon traiteur végétal

Après maints épisodes, la France pensait le dossier clos, mais c’est une de ses citoyennes qui le rouvre à Bruxelles. Le 8 octobre, le Parlement européen a adopté un amendement visant à réserver les termes comme steak, saucisse, jambon ou burger aux seuls produits carnés. À l’origine du texte : Céline Imart, eurodéputée française du Parti populaire européen (PPE) et exploitante agricole céréalière, membre de la FNSEA.

Ce retour de flamme surprend, quelques mois seulement après que le Conseil d’État français a annulé les décrets de 2022 et 2024 interdisant ces dénominations, jugeant qu’elles n’induisent pas les consommateurs en erreur. En janvier, cette décision avait été saluée comme la fin d’un long feuilleton juridique initié en 2018, ouvrant la voie à des appellations comme « lardons végétaux » ou « steaks de soja ». L'histoire semble se répéter à l'échelle européenne, au grand désarroi d'une filière végétale qui espérait tourner la page.

A Bruxelles aussi le débat n'est pas nouveau. En 2020 déjà, le Parlement européen avait rejeté une proposition similaire, estimant qu’il n’était pas nécessaire de rebaptiser les produits végétaux. Cinq ans plus tard, la donne a changé : l’amendement, adopté à 355 voix contre 247, devra encore être négocié avec les États membres avant une éventuelle mise en œuvre.

Les prochains mois décisifs

Du côté des fabricants, c’est l’incompréhension. Klaus Gaiser, fondateur de Wheaty (Topas GmbH), dénonce « une attaque contre l’alimentation végétale, mais c’est aussi et surtout un exemple clair de l’influence du lobby de la viande sur les décisions politiques ». Selon lui, « les consommateurs savent très bien faire la distinction entre les produits d’origine végétale et les produits d’origine animale en rayon […] tant que l’étiquetage est transparent », ajoute son fils, actuel dirigeant, Miikka Gaiser. Dans son communiqué, l’entreprise précise que « ces nouvelles contraintes entrainent des coûts inutiles, qui vont surtout impacter les petites structures et, finalement, avoir pour effet de ralentir l’innovation. »  Face à l’assouplissement obtenu en début d’année, son entreprise avait pris la décision d’utiliser les termes « jambon » et « allumettes » pour ses deux lancements 2025.

Les prochains mois seront décisifs : si le texte est confirmé, il pourrait contraindre les producteurs à revoir leurs emballages et leurs communications.

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