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Le bonheur est dans le bio

L’Agence Bio a présenté en ouverture du salon Tech & Bio le 20 septembre à Valence (26), les résultats d’une enquête inédite sur le moral des agriculteurs et agricultrices bio. Elle a déployé dans la foulée la deuxième phase de sa campagne d’information Bio Réflexe à l’occasion de la journée européenne pour la bio. L’occasion pour la rédaction de tendre le micro à sa directrice, Laure Verdeau.
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  • Modifié :
  • Auteur : Erwan Le Fur
Conférence de presse Agence Bio
Laure Verdeau (à gauche), directrice de l’Agence Bio a présenté le 16 septembre dernier à l’occasion du salon Tech & Bio à Valence (26), les résultats du baromètre sur le moral des agricultrices et agriculteurs bio. A sa gauche, Loïc Guines, président de l’Agence et Sandrine Faucou, membre du conseil d’administration.

Pourquoi avoir décidé de mener cette enquête sur le moral des agriculteurs bio ?
L’Agence publie chaque année un baromètre pour savoir où en sont les Français dans leur rapport à la consommation de produits bio. On a souhaité avec cette nouvelle enquête, qui a vocation à se pérenniser, donner la parole aux agricultrices et aux agriculteurs installés en bio. Le fait est de constater que ce public avait envie de la prendre puisque 20 % des 60 000 fermes certifiés ont accepté de participer. Ce taux de réponse est énorme. Il nous permet d’être représentatif dans nos conclusions à l’échelle de la région, des filières ou encore de l’âge des exploitants.

Quels sont les principaux enseignements de ce nouveau baromètre ?
Le premier enseignement, c’est que 62 % des agriculteurs interrogés nous répondent être confiants quant à l’avenir de la production bio. Près de 95 % des répondants se disent par ailleurs fiers d’avoir adopté cette voie et 58 % en sont très fiers. Quand on s’engage en bio on sent qu’on a le vent de l’histoire avec soi. De fait, en dépit de la crise, 86 % des agriculteurs bio indiquent qu’exercer dans les clous du label AB contribue à leur bonheur. Mais notre enquête montre aussi que ces entrepreneurs sont en attente de soutien et de reconnaissance vis-à-vis des engagements qu’ils prennent pour le collectif. Et surtout qu’ils sont en quête de débouchés.

A l’heure où la consommation de produits bio connaît un inquiétant recul…
En effet. Le besoin crucial aujourd’hui, et les agriculteurs nous le disent, c’est que la demande s’ajuste à l’offre. On a patiemment constitué un capital de 60 000 fermes bio, c’est notre trésor national. Sauf qu’en face, les consommateurs ne sont plus au rendez-vous. Les producteurs ont besoin qu’on les aide à soutenir la demande en bio. Il est essentiel pour aller dans ce sens, de mieux communiquer auprès des citoyens sur les bienfaits de la bio. Via des campagnes grand public mais aussi, idéalement, par de l’éducation sur le long terme. Cette mission relève de la responsabilité des pouvoirs publics.

N’est-ce pas précisément le sens de la nouvelle campagne Bio Reflexe ?
Oui. On sait grâce aux résultats de la première vague de cette campagne en 2022 que quand on informe les citoyens sur le bio, la consommation de produits certifiés progresse mécaniquement. On l’a observé à chaque fois qu’on a déployé ce dispositif, que ce soit en radio, par voie d’affichage ou encore dans les supermarchés. Il y a aujourd’hui une trop grande ignorance vis-à-vis du bio. On le voit dans notre dernier baromètre consommateurs : plus de 70 % des répondants indiquent qu’ils ne savent pas ce qui se trouve derrière ce label. Si les consommateurs n’ont pas à l’esprit que ce mode de production est bénéfique à la fois pour la santé et l’environnement, on ne peut espérer leur consentement à payer.

Comment les distributeurs spécialisés peuvent-ils agir à leur niveau ?
Le réseau spécialisé capte près de 30 % des ventes et a un véritable rôle d’aiguillon à jouer dans le développement de la bio. Endosser la campagne Bio Reflexe est un des moyens pour y parvenir. Celle-ci a été imaginée de telle sorte qu’elle peut être customisée et que chaque acteur peut s’en emparer à sa façon. C’est par exemple ce qu’a décidé de faire la région Bretagne pour cette deuxième vague d’information en déclinant une version qui valorise le lien entre la bio et le local . Le prochain volet de cette campagne est prévu le 22 mai pour la Journée mondiale de la biodiversité. D’ici là, on espère que les parlementaires voteront un budget digne de ce nom dans le cadre du projet de loi finance afin qu’on puisse mettre en place dès 2024 une campagne massive de sensibilisation.

 

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