Agriculture : 300 millions d'euros sur la table, la bio toujours hors champ
Alors que le ministère de l'Agriculture détaille un plan de soutien conséquent au monde agricole, l'agriculture biologique brille par son absence. Dans le même temps, une nouvelle tentative de suppression de l'Agence Bio vient d'être présentée.
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Auteur : Amaury Beautru
Le message gouvernemental est clair : face aux crises sanitaires, climatiques et économiques, l'exécutif veut montrer qu'il agit. Le communiqué publié ce 10 janvier aligne pas moins de onze axes d'intervention, pour un engagement affiché de 300 millions d'euros. Élevage bovin, viticulture, grandes cultures, eau, loup, fiscalité, compétitivité… le spectre est large. Mais une fois encore, l'agriculture biologique n'y figure pas.
Ni mesure dédiée, ni fléchage spécifique, ni même une mention explicite. Dans un contexte de recul des surfaces et de fragilisation économique de nombreuses fermes bio, ce silence interroge. D'autant plus que plusieurs dispositifs annoncés – aides d'urgence, plans de filière, accompagnement à la restructuration – auraient pu intégrer, au moins partiellement, les enjeux propres à la bio, qui cumule souvent contraintes économiques et exigences environnementales accrues.
L'Agence Bio à nouveau remise en cause
Ce manque de considération politique est d'autant plus frappant qu'au même moment, un amendement budgétaire proposait de relancer, une nouvelle fois, la suppression de l'Agence Bio. Une idée apparue il y a un an. Objectif affiché : réinternaliser ses missions au sein de l'État et de ses opérateurs, pour une économie estimée à 3,7 millions d'euros. Communication, gestion du Fonds Avenir Bio, collecte de données : autant de missions jugées " doublonnées " par les auteurs de l'amendement.
Ce dernier, présenté par le député UDR Vincent Trébuchet, devait être examiné ce vendredi 9 janvier. Il n'a finalement pas encore été soutenu.