Dénominations bouchères : l’UE tranche, les marques végétales à nouveau dans le viseur
L’Union européenne propose un compromis concernant l’utilisation de dénominations bouchères sur des produits végétaux. Steak sera interdit, mais pas jambon par exemple.
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Auteur : Amaury Beautru, avec Frédéric Carluer-Lossouarn
Un nouvel épisode dans la bataille qui oppose le lobby de la viande à celui des alternatives végétales vient d’être révélé. Depuis un an, et quatre ans après le début de la série, les substituts aux produits carnés jouissaient d’une totale latitude.
Le 5 mars, un accord provisoire conclu entre le Conseil de l’UE et le Parlement européen vient rebattre les cartes pour les rayons végétaux. Dans le cadre de la révision du règlement sur l’organisation commune des marchés agricoles (OCM), les institutions européennes ont décidé de réserver une liste de termes carnés aux seuls produits à base de viande.
Ce que ça change concrètement en rayon
Steak, entrecôte, bacon, côtelette, filet mignon, rumsteak… 19 appellations de pièces ou préparations, associées à 12 espèces animales, ne pourront plus figurer sur les emballages de produits végétaux.
La protection reste partielle. Des appellations très présentes dans les gammes végétales bio (saucisse, merguez, chipolata, escalope, jambon, lardon, filet) ne figurent pas dans la liste protégée. Les marques disposent donc encore d’une marge de manœuvre sur leurs dénominations produits.
Deux visions de la transition alimentaire qui s’affrontent
L’accord cristallise une tension de fond que connaît bien la distribution bio : d’un côté, la filière viande française (Interbev) salue une mesure de transparence envers le consommateur ; de l’autre, les industriels du végétal (principalement non bio) regroupés au sein d’InterVeg (La Vie, HappyVore, Bjorg, Hari&Co…) dénoncent une décision sans utilité pour la transition alimentaire ni pour le revenu des agriculteurs.
À noter que l’accord doit encore être formellement ratifié par les institutions européennes avant d’entrer en vigueur. Ne changez donc peut-être pas vos emballages dès maintenant. Le vent peut encore tourner.