Aller au contenu principal

Les magasins bio tirent leur épingle du jeu sur les fruits et légumes

Après deux années de déclin marqué, les fruits et légumes bio ont connu une érosion plus modérée en 2024, tous circuits confondus. D’après le bilan de la consommation publié cette année par Interfel (l’interprofession du secteur) à partir des données Kantar, les achats en volume ont reculé d’environ 1 % par rapport à 2023.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Amaury Beautru
Légumes poivrons
Les ventes en magasins bio représentent 2 % des volumes de fruits et légumes bruts distribués pour la consommation à domicile. 

Après deux années de déclin marqué, les fruits et légumes bio ont connu une érosion plus modérée en 2024, tous circuits confondus. D’après le bilan de la consommation publié cette année par Interfel (l’interprofession du secteur) à partir des données Kantar, les achats en volume ont reculé d’environ 1 % par rapport à 2023. En parallèle, les dépenses (en €) en bio ont progressé de 1 %, signalant un retour progressif des consommateurs malgré un marché toujours sous pression.

Ce frémissement s’explique en partie par la stabilisation du phénomène de « glissement de gamme ». Après s’être orientés vers les produits les moins chers, certains ménages ont renoué avec des achats plus qualitatifs. Le bio bénéficie ainsi d’un regain d’intérêt.

Les ventes de fruits et légumes frais dans l’ensemble continuent de souffrir. En 2024, les achats en volume ont reculé de 2 % par rapport à l’année précédente (158 kg par ménage* par an), conséquence d’une baisse de la fréquence d’achat (69,6 actes par an). Cependant, le panier moyen s’est stabilisé (2,3 kg) et le prix moyen payé à l’achat a augmenté de + 1 % (3,05 €/kg), compensant en partie cette contraction des volumes. Dans ce contexte, le bio a maintenu sa part de marché à 6,7 % des tonnages en 2024 et 7,9 % en valeur.

Une d istribution spécialisée qui résiste mieux

chiffres fruits et légumes
Parmi les évolutions contrastées des différents circuits de distribution, les magasins bio ont su limiter la casse. Contrairement aux marchés et aux primeurs traditionnels qui ont continué de perdre des clients, les enseignes spécialisées (2 % des ventes de fruits et légumes) ont enregistré une progression des dépenses en 2024. Avec les enseignes multifrais, la vente directe et le e-commerce, le réseau bio est celui qui s’en sort le mieux. Ils sont tirés par la pénétration, le prix moyen en hausse et la fréquence d’achat en légère hausse. Le panier moyen est lui en repli.

La dynamique reste fragile. La prudence budgétaire des consommateurs et les aléas climatiques pèsent sur la consommation de fruits et légumes frais. Pour les distributeurs bio, plusieurs leviers sont à activer pour enfoncer le clou. Le premier : miser sur la pédagogie en faisant valoir les bénéfices du bio, notamment sur le rapport qualité-prix et l’impact environnemental. La proximité aidant, les spécialistes peuvent renforcer encore les approvisionnements en circuit court et locaux, en communiquant sur le soutien au monde agricole. Des améliorations peuvent également être menées dans l’offre par le développement d’une gamme plus accessible, avec des promotions « coup de poing » ou des solutions économiques (panier, zone antigaspi), mais aussi, pourquoi pas, des produits plus valorisés (mûrs à point). Enfin, pour stimuler le trafic, l’expérience client n’est pas à négliger, avec des aménagements pour un parcours client fluide, esthétique et animé.

* Un ménage est constitué de 2,2 personnes en moyenne

CIRCUITS BIO est depuis 2020 le média B2B spécialiste des magasins bio. Il s’adresse aux acteurs de la distribution spécialisée bio : acheteurs en centrales, directeurs de magasins, chefs de rayon, fabricants, fournisseurs, organismes professionnels. Créés en toute indépendance par des journalistes spécialisés, les contenus proposés par CIRCUITS BIO sont diffusés en mode omnicanal : magazine bimestriel, site web éditorial, enews hebdomadaire, événements.