Côteaux Nantais mise sur le local et le façonnage
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- Auteur : Magali MONNIER
« Nous réalisons autant de chiffre d’affaires avec quinze magasins engagés en local qu’avec une centrale en Île-de-France qui couvre plus de 150 points de vente ». Fort de ce constat, Noah Courtial, directeur général de Côteaux Nantais, souhaite concentrer ses efforts sur la commercialisation de ses fruits à proximité de ses six vergers, tous situés en Loire-Atlantique (44).
Aujourd’hui, pointe l’entrepreneur rencontré en septembre sur le site de Remouillé (lire notre reportage ci-dessous), ce débouché local représente 10 à 15 % des ventes de fruits frais, en progression de 5 % par rapport à l’année passée. Alors qu’au total de l’activité de l’entreprise, les ventes de fruits (4 millions d’euros) reculent de 14 % sur la même période.
Davantage de présence en magasin
« Depuis la crise du covid, les consommateurs recherchent davantage de produits locaux. Nous devons pouvoir récupérer ici les débouchés que nous perdons à l’autre bout de la France », explique Noah Courtial. Pour ce faire, la force de vente de l’entreprise va muscler sa présence en magasin et pousser les animations afin de faire découvrir et goûter ses produits. Le spécialiste des fruits certifiés bio et demeter entend valoriser ses 43 variétés de pommes au sein du circuit spécialisé bio mais pas uniquement.
La société, qui réalise aujourd’hui 90 % de ses ventes de fruits en réseau bio, envisage de se développer en grande distribution et au sein des épiceries indépendantes locales ainsi que dans le circuit hors domicile (cantines et collectivités notamment). « Nous continuons bien sûr à soutenir le réseau spécialisé bio mais nous souhaitons diffuser notre offre plus largement pour toucher davantage de consommateurs locaux », explique Noah Courtial.
Concernant les produits transformés (compote, purée de fruits, etc.), qui pèsent 78 % de l’activité de Côteaux Nantais avec 14 millions d’euros de chiffre d’affaires, le dirigeant mise sur le travail à façon. La fabrication sous marques de distributeurs ou pour d’autres signatures (Omie & Cie, BioDemain, etc.) représente aujourd’hui 25 % de ses ventes et connaît, elle aussi, une belle progression (+ 20 %) quand l’activité totale de transformation clôture l’année à l’équilibre.
Une usine en sous-production
« Ma principale préoccupation est de faire tourner notre usine qui est aujourd’hui en sous-production , explique Noah Courtial. Nous avons fait appel à un manager de transition industriel pour une durée de trois mois afin qu’il nous aide à nous structurer. Nous travaillons par exemple sur les rationalisations de coût ». Objectif affiché : déployer la fabrication à façon de telle sorte que l’activité pèse pour 30 % du chiffre d’affaires de l’entreprise d’ici deux ans.
« Il s’agit d’un des leviers de développement identifiés pour faire face à la situation économique actuelle. Cependant, nous comptons aussi pousser nos propres marques [Côteaux Nantais en réseau spécialisé et Planet Bio en GMS] ». Ainsi, trois nouvelles références de purées de fruits et desserts signées Côteaux Nantais viennent de faire leur apparition en magasin bio (voir diaporama ci-dessous). D’autres innovations arriveront en 2024 sur le segment des préparations de fruits à tartiner.