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Franchise : les stratégies et les arguments des distributeurs pour recruter

À l’occasion du salon Franchise Expo Paris qui s’est tenu du 15 au 17 mars, Circuits Bio dresse un panorama des ambitions et des arguments des principales enseignes du réseau spécialisé bio pour recruter les entrepreneurs.
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  • Auteur : Magali MONNIER

Chacun ses arguments. Biocoop, Naturalia, La Vie Claire et So.bio / Bio c’Bon exposaient au salon Franchise Expo Paris qui s’est tenu du 15 au 17 mars. L’occasion de fournir un panorama de ce qu’elles proposent aux entrepreneurs candidats. Zoom sur leurs arguments, leurs ambitions et les conditions d’accès (voir données ci-dessous).

Sophie Guinotte Biocoop - crédit Circuits Bio

Sophie Guinotte Biocoop - crédit Circuits Bio

Biocoop, un modèle coopératif et des valeurs ancrées

« En tant que coopérative, nous sommes très différents d’un réseau de franchisés », présente Sophie Guinotte du service développement réseau de Biocoop. « Les sociétaires fixent les orientations et les moyens selon un système démocratique. Ils sont tous amenés à s'impliquer et à voter pour ce bien commun. » Ainsi, il est impératif d’adhérer aux valeurs et au projet sociétal de Biocoop. « Nous ne faisons pas que du commerce », souligne Sophie Guinotte. Pour valider leur admission, les entrepreneurs doivent préalablement convaincre les sociétaires magasin de leur engagement. »

Une fois intégrés, les nouveaux arrivants profitent d’un accompagnement et des outils de Biocoop pour l’installation puis l’amélioration des performances commerciales. Le leader de la bio propose un parcours de formation de 20 jours (pour un coût de 5 000 € HT) et des stages dispensés dans des magasins tuteurs. « Ce sont des gérants indépendants mais qui bénéficient de la force du collectif », précise Sophie Guinotte. Côté financier, les sociétaires possèdent les parts sociales de la coopérative et celle-ci en dispose aussi d’une dans les magasins. « Nous sommes sur un système de partage de la valeur, présente Sophie Guinotte. Si la coopérative Biocoop génère un surplus de résultat, elle le reverse à ses sociétaires à travers différents mécanismes. » En croissance de 8,5 % en 2024 et forte de 740 points de vente, l’enseigne vise entre 10 et 20 ouvertures pour 2025. « 76 % de la population française a accès à un magasin Biocoop à moins de 15 minutes de trajet », pointe Sophie Guinotte. Le leader de la bio espère couvrir davantage de zones pour augmenter ce taux. Elle fait aussi face à un enjeu de renouvellement et cherche des repreneurs pour une vingtaine de points de vente.

Naturalia-Ashvin-Mungur

Ashvin Mungur, directeur réseau franchise de Naturalia - crédit Circuits Bio

Naturalia, une expertise et de l’accompagnement avant tout

Alors que toutes les enseignes bio évoquent un accompagnement et suivi complet du franchisé, Naturalia le revendique comme une de ses forces. « Nous sommes reconnus pour cela, se félicite Ashvin Mungur, directeur réseau franchise de Naturalia. Certains de nos franchisés sont multienseignes et mettent spécifiquement en avant la qualité de notre accompagnement. » Le distributeur dispose d’une équipe d’experts pour chaque moment de la vie du magasin. « Nous profitons également de la logistique de notre groupe Casino permettant une livraison partout en France, sans franco », souligne Ashvin Mungur.

Avec 30 % de son parc en franchise, soit 68 magasins sur 220, l’enseigne a réussi à créer un véritable réseau de partenaires qui se réunit toutes les semaines pour échanger entre eux. L’ambition est d’atteindre 50 % d’ici 2028. Naturalia souligne l’importance de conserver ses magasins en propre, notamment pour tester de nouveaux concepts, à l’instar de celui de La Ferme. Après 11 magasins convertis et un CA boosté de + 10 % à + 20 %, un premier franchisé sautera le pas en avril à Boulogne-Billancourt (92).

Naturalia est la seule à pousser autant la franchise que la location-gérance (11 points de vente). Cette dernière a initialement été déployée pour les évolutions internes mais reste accessible à tous. « Elle nécessite un peu moins d’apport puisque l’entrepreneur part d’une clientèle et d’un CA existants », explique Ashvin Mungur. Naturalia vante les surperformances de ses magasins en location-gérance avec un CA en hausse de 16 % en moyenne en 2024 (contre + 6 % pour la franchise et + 5 % au total de l’enseigne).

Enfin, le numéro deux du marché capitalise sur ses 50 ans d’existence et la notoriété de sa signature pour séduire les entrepreneurs. « Être un bon franchiseur c’est avoir une expérience à revendre et un fort savoir-faire 
», conclut Ashvin Mungur.
 

Alexandre de Ruyver, directeur commercial du réseau franchise de La Vie Claire - crédit Circuits Bio

Alexandre de Ruyver, directeur commercial du réseau franchise de La Vie Claire - crédit Circuits Bio

La Vie Claire, une identité forte

« La franchise, c’est notre métier, tout notre business model repose dessus », lance Alexandre de Ruyver, directeur commercial du réseau franchise de La Vie Claire. L’enseigne atteint 190 magasins franchisés (sur un parc total de 325). L’ambition est d’en ajouter dix cette année. La Vie Claire ne priorise pas la location-gérance, même si elle en compte deux sous ce modèle. « 15 % du parc est en multifranchisé, complète Alexandre de Ruyver. Certains dirigent jusqu’à trois magasins La Vie Claire. »

Pour séduire de nouveaux entrepreneurs, l’enseigne met en avant son côté « pionnier et engagé depuis 79 ans » ainsi que l’accompagnement et l’expertise qui en découlent. Mais surtout, elle valorise sa propre marque dotée de 2000 références. « Elle constitue un axe fort et différenciant permettant de fidéliser la clientèle », explique Alexandre de Ruyver.

Si en 2023, les franchisés enregistraient des performances deux à trois points en deçà des magasins en propre, ils ont fait mieux en 2024. Ils ont progressé de + 8,3 %, soit 0,5 pt au-dessus de la moyenne de l’enseigne en comparable.

lisa Mollen Aubry, directrice du réseau franchise de So.bio et Bio c'Bon - crédit Circuits Bio

lisa Mollen Aubry, directrice du réseau franchise de So.bio et Bio c'Bon - crédit Circuits Bio

So.bio, Bio c’Bon, la force d’un grand groupe

Après quelques années d’absence, So.bio / Bio c’Bon était de retour au salon de la franchise. « Nous sommes en croissance depuis 36 mois, c’est le moment d’éprouver le modèle et de relancer le développement de la franchise », présente Elisa Mollen Aubry, directrice du réseau de franchise de So.bio et Bio c’Bon. À date, le distributeur en compte 20 (dont un seul Bio c’Bon) sur 140 magasins. La dernière ouverture sous franchise date de début mars aux Arcs, le deuxième So.bio pour ce propriétaire, également associé chez Coopérative U.

« Notre ambition est de rééquilibrer le nombre de franchisés par rapport aux intégrés », explique Elisa Mollen Aubry. Pour ce faire, les deux enseignes sœurs valorisent leur appartenance au groupe Carrefour, « un gros avantage en termes de sécurité », souligne Elisa Mollen Aubry. Les entrepreneurs bénéficient des outils et supports du groupe, à l’instar d’une veille sur le marché bio, de formations, d’accords-cadres sur les travaux et aménagements, etc. Les enseignes bio misent à la fois sur le vivier de franchisés internes au groupe désireux de se diversifier mais aussi sur de nouveaux candidats. A noter que Carrefour est confronté depuis plusieurs années à des plaintes de la part d’une association de ses franchisés en proximité conventionnelle qui lui reproche d’appliquer des conditions défavorables.
 

Droits d'entrée et cotisations des enseignes

  • Biocoop
    • Droit d'entrée : 1,5 % du CA HT de l'année 2, payable après ouverture et étalée sur 3 ans Pour les reprises : pas de droit d'entrée mais un forfait accompagnement de 2 500 € HT Pour tous : un parcours de formation qui coûte 5 000 € HT
    • Cotisations et redevances : 1 % du CA HT (dont 0,2 % pour la communication 0,3 % pour la vie politique 0,5 % pour les services)
  • Naturalia
    • Droit d'entrée : Aucun mais demande une garantie à première demande (GAPD) de 15 000 € pour la location-gérance (une sorte de caution)
    • Cotisations et redevances : Redevance progressive : 1 % du CA TTC jusqu'à 1 M€ 1,5 % entre 1 M€ et 2 M€ 2,5 % au-delà de 2 M€
  • La Vie Claire
    • Droit d'entrée : 20 000 €
    • Cotisations et redevances : Pas de taxe d'exploitation / Taxe de communication : 1 % du CA HT
  • So.bio / Bio c'Bon
    • Droit d'entrée : 1 % du CA HT de la deuxième année Acompte de 10 000 € pour Bio c'Bon ou 25 000 € pour So.bio
    • Cotisations et redevances : 1,5 % du CA HT + Redevance de communication : 1 % du CA HT

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