[Vidéo] Le Kœur Quimper (29) : le bio en sous-marin dans ce « lieu de vie »
Le repositionnement de l’ex-Brin d’Avoine à Quimper (29), amorcé en 2019 et achevé en 2021, lui a permis d’éviter la crise. La coopérative enregistre une croissance de 10 % en 2024, à 7,4 M€. Reportage en vidéo.
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Auteur : Amaury Beautru
En contrebas de la fréquentée départementale 34 (16 000 véhicules par jour), Le Kœur de Quimper reste dans l’ombre. Si vous regardez attentivement, vous verrez peut-être la banderole « Espace repas - bien-être » posée sur son toit, ou sa petite enseigne. S’il n’avait pas bientôt 40 ans, le magasin bio, puisque c’est de cela qu’il s’agit, aurait probablement pâti de sa discrétion et de son implantation en deuxième rideau. Pour le rejoindre, la voiture est préférable et l’accès n’est pas des plus simples. Mais l’ex-Brin d’Avoine a su s’inscrire comme une référence dans la capitale de la Cornouaille et a réussi sa mutation.
Un temps sous enseigne Biocoop, le point de vente est indépendant depuis 1992, rattaché à Accord Bio. Après un passage à vide en 2018 avec une érosion du chiffre d’affaires et une perte d’adhérents, la coopérative a opéré un lifting. Renommé en Le Koeur, avec un K en référence à Kemper (Quimper en breton), le magasin a réaffirmé sa mission : être un lieu de vie qui gravite autour d’un commerce, bio en l’occurrence, mais qui ne se revendique pas en tant que tel. « Certains de nos clients ne viennent pas pour trouver des produits certifiés, mais parce que la taille du magasin leur convient mieux , estime Léa Sébiane, la directrice générale depuis mai 2024. Ils viennent aussi pour le lien qui se crée avec le personnel. Marie-Pierre, à la caisse, se rappelle du nom de chaque client et même de son numéro d’adhérent. » La coopérative de consommateurs en compte pourtant 12 500, dont 8 500 actifs l’an passé.
« Nous ne sommes pas militants, mais tentons d’orienter nos clients vers une consommation plus écologique par la voie de la pédagogie » , résume Léa Sébiane.
Les travaux achevés en 2021 lui ont donné un petit coup de jeune, toujours dans sa coque de 840 m². Une « pièce de vie » de 150 m² a été ajoutée à la fin du parcours client pour permettre de consommer sur place les produits achetés en magasin. Pas un restaurant donc, mais tout ce qu’il faut pour déguster à son aise, y lire son journal, papoter, ou participer aux ateliers organisés. Entre 800 et 1000 clients fréquentent le point de vente chaque jour, dont environ 300 sur le temps du déjeuner.
La concurrence est ailleurs
Dans cette agglomération de 65 000 habitants, les commerces bio ne sont plus que trois. Mais la concurrence est ailleurs. La nouvelle dirigeante lorgne plutôt Grand Frais ou les marchés alentour. Voici pourquoi une attention particulière est portée aux fruits et légumes, avec la livraison de quatre palettes tous les jours.
Depuis son repositionnement, le magasin a retrouvé une dynamique, traversant la crise du secteur sans encombre. Son chiffre d’affaires a progressé de 10 % en 2024, sur un historique déjà en positif et avec une marge encore mieux orientée (+ 13 %). « Même lorsque nous étions chahutés, nous avons continué de muscler nos effectifs , précise Léa Sébiane. Entre 2018 et 2024, nous avons recruté 15 équivalents temps plein. » Pour son développement, la coopérative regarde aussi du côté des entreprises. Son service traiteur peut proposer ses prestations à l’extérieur.