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2023 : la bio fait du surplace en France

Les chiffres de l’Agence Bio pour l’année 2023 montrent des signes de stagnation sur le marché de la bio, tant au niveau de la consommation que de la production. En aval, la vente directe et les magasins bio s’en sortent mieux que les GMS, mais moins bien que la restauration. En amont, alors que les surfaces cultivées diminuent, le nombre de producteurs augmente légèrement.
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  • Auteur : Amaury Beautru
-Jean Verdier Agence Bio Circuits Bio 2024

La bio dans la pétole. Les chiffres compilés par l’Agence bio, présentés ce 13 juin montrent une année 2023 « flat » pour le secteur biologique en France. Les dépenses des Français sont stables par rapport à l’année dernière, à 12,08 milliards d’euros (Mds €) TTC. Cette stagnation est toutefois notable dans un contexte de baisse des achats alimentaires globaux des ménages (- 4,7 % d’après l’Insee), reflétant une résilience des produits AB face à une inflation de 7,7 %, inférieure à celle des produits conventionnels (11,8 %).

La part consommée à domicile reste dominante, bien que légèrement en retrait. Elle représente encore 91 % des débouchés du marché bio, contre 9% pour la restauration hors domicile donc.

Laure Verdeau Agence Bio 2024 Reims
Les circuits de vente traditionnels, à l’exception de la grande distribution (GMS), montrent des signes positifs. La vente directe, en particulier, connaît une croissance de 8,7 %, atteignant désormais 14 % des ventes totales. Cette dynamique est renforcée par une tendance des nouveaux producteurs à adopter ce circuit. Ils répondent ainsi à une demande accrue de produits locaux et saisonniers. Six nouvelles installations sur dix le proposent. « En conventionnel, les créations d’exploitation ne comportent de la vente directe que dans un cas sur cinq », précise Laure Verdier, directrice de l’Agence Bio.

5,6 % des dépenses en bio

Les magasins bio tirent eux aussi leur épingle du jeu avec des ventes en croissance de 2,2 % pour capter 28 % du marché. Malgré les fermetures, le circuit a réussi a généré 70 M€ de ventes additionnelles par rapport à 2022 avec un total de 2826 points de ventes (- 7%), soit autant qu’en 2017.

En revanche, les sorties caisses en grande distribution ont chuté de 4 %, marquant un retrait de 240 M€ par rapport à l’année précédente. Le circuit généraliste s’octroie toutefois toujours la moitié du chiffre d’affaires de la consommation à domicile.

A noter que la part du bio dans les dépenses des Français est passée de 6 % en 2022 à 5,6 % l’année suivante. Et la restauration collective et commerciale n’a pas encore pris le relais espéré. Le poids du bio dans les cantines a même reculé à 6 % en 2023 (- 1 pt sur un an) alors que l’objectif du Plan national nutrition et santé (PNNS) est d’atteindre 20 % de produits bio ou en conversion. En restauration commerciale, les chiffres sont encore plus bas, à 1 % de part du bio.

Production en déclin malgré l'attractivité

En amont, la situation est contrastée. Le nombre de producteurs bio a augmenté de 2 % en 2023, portant le total à 61 163 fermes. Cependant, cette hausse s’accompagne d’une réduction de 2 % des surfaces cultivées en bio. Soit une perte de 54 000 hectares tout de même, principalement due à un recul des surfaces fourragères et des grandes cultures. Les installations concernent davantage des maraîchers au rayonnement local. Les terres en première année de conversion ont également diminué de 10 %. Du plomb dans l’aile pour les perspectives de croissance future.
 « La production et la consommation sont corrélées , souligne Laure Verdeau. Il y a des dossiers de demandes de producteurs qui souhaitent s'installer en bio mais qui n'aboutissent pas car on leur objecte que la demande n'est pas suffisante. »

Prise de pouls chez nos voisins

Ailleurs en Europe, le bio progresse de manière hétérogène. Parmi les bons élèves, l’Allemagne a vu ses ventes en bio progresser de 5 % l’année dernière, tirées cette fois par la grande distribution et particulièrement les discounters. Les surfaces cultivées progressent dans les mêmes proportions. En Espagne, le marché atteint 3 Mds €, à + 6 %. Les Italiens ont dopé leur consommation de 8 % pour y consacrer 5,5 Mds €. Enfin, aux Pays-Bas, les GMS ont vu leur chiffre d’affaires bio bondir de 14 %. Le bilan est plus mitigé en Autriche, Belgique et Royaume-Uni. Les ventes y sont plutôt bien orientées surtout du fait de l’inflation, mais les hectares exploités en agriculture biologique s'affichent à la baisse. Au Danemark et en Finlande, la consommation est en recul, comme les surfaces certifiées.

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