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Une journée à la BioAcademy avec Organic Alliance

Organic Alliance relance la BioAcademy, son centre de formation à destination des professionnels de la bio. La rédaction de Circuits Bio s'est rendue à l'entrepôt de Pronatura à Cavaillon (84) pour participer à la première session, début novembre, sur le thème des fruits et légumes d'hiver. Reportage en images.
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  • Auteur : Léa Lesurf
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Aux côtés des formateurs, la journée a réuni cinq chefs de rayon et responsables de magasins implantés dans la région sud-est.

Il est à peine 8 heures quand Gautier Villiaume, directeur commercial d’Organic Alliance, accueille la rédaction de Circuits Bio dans l’entrepôt du groupe à Cavaillon (84). « C’est la première session de formation que nous proposons depuis la crise sanitaire. Nous sommes très fiers de relancer la BioAcademy », se réjouit le responsable. Baptisée l’Ecole des Métiers lors de sa création en 2012, la BioAcademy est aujourd’hui un centre agréé de formation à destination des professionnels du réseau spécialisé. Le thème du jour porte sur les fruits et légumes d’hiver.

Un socle de connaissances théoriques et pratiques

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« Cette formation est l’occasion de valider mes bonnes pratiques dans la gestion du rayon mais aussi de repérer mes points faibles » Jean Lagorce, responsable fruits et légumes du magasin Sainbioz à Gap (05)
Sous le soleil de début novembre, cinq chefs de rayon ou responsables de magasins, tous implantés dans la région, ont fait le déplacement. Le profil des élèves du jour, tout comme leurs motivations, diffèrent. Jean Lagorce est responsable fruits et légumes depuis cinq ans au magasin Sainbioz à Gap (05). « Cette formation est pour moi l’occasion de me tenir au courant des tendances et des problématiques de mon secteur mais aussi de redonner du souffle à mon métier », explique-t-il. En place depuis trois ans au Comptoir de la bio de Fréjus (83), Laurent Robina s’estime novice dans la bio. Il souhaite « tout savoir sur les labels, les saisons, les méthodes de productions, etc . ».

Face à eux, deux experts des fruits et légumes : Rémi Mione, responsable commercial sud-est de Pronatura et Arnaud Giroudeau, ancien salarié d’Organic Alliance, devenu formateur indépendant. La matinée est consacrée aux connaissances théoriques, autour des principes de l’agriculture biologique, de la définition des labels ou encore de la réglementation. L’après-midi est davantage tournée sur la gestion du rayon, de la prise de commande à l’implantation des produits en passant par la gestion de la démarque. Faut-il dépoter tous les produits de leur caisse d’origine ? Quelles références faut-il remballer ? Comment conserver au mieux la fraîcheur des produits sensibles ou encore rendre son implantation dynamique ? Autant de questions auxquelles les formateurs sont amenés à répondre.

Comprendre le travail de planification

Pour Pronatura, cette journée est également l’occasion d’expliquer tout le travail de planification que la société mène en amont avec ses filières de productions. « Nous sommes des metteurs en marché. Notre mission est d’estimer la demande et de planifier les volumes avec nos producteurs, volumes que nous nous engageons ensuite à absorber », explique Rémi Mione. Cet engagement s’est par exemple traduit cette année sur la courgette, laquelle a connu une surproduction eu Europe du fait de bonnes conditions climatiques. « Nous avons volontairement arrêté les approvisionnements en Italie et en Espagne afin de secourir notre filière française ».

Malgré ce travail minutieux avec l’amont, la disponibilité des produits reste entièrement dépendante des aléas météorologiques. Exemple sur le chou-fleur. Ce produit a souffert d’une pénurie début novembre car la Bretagne, première région productrice en France, a essuyé les dégâts causés par la tempête Ciaran. « Les producteurs de la coopérative BioBreizh [partenaire de Pronatura en Bretagne, ndlr] ne peuvent plus aller dans les champs car ils sont complètement inondés », explique Rémi Mione. Et l’expert d’ajouter : « cela peut demander trois à quatre jours pour trouver un autre sourcing ».

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Une partie de la journée se déroule en salle et est consacrée aux connaissances théoriques, telles que la définition des labels ou la réglementation sur la traçabilité. L'occasion de rappeler quelques bases et de tordre le cou à quelques idées reçues : le cahier des charges bio européen est-il moins disant que le français ? Comment expliquez à un client les méthodes de protection des cultures sans pesticides ? Les produits bio sont-ils toujours plus chers que ceux du circuit conventionnel ?
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Sur son exploitation, Robin Fargier, producteur partenaire de Pronatura, prend le temps d’expliquer aux participants les spécificités de sa production. Dans ses 5,5 hectares sous serres (non chauffées), il cultive des céleris branche, des fenouils, des salades mais aussi de l'aloe vera. Son sol est recouvert d'un voile afin de limiter la propagation des adventices. Entre chaque serre, un espace de deux mètres environ est enherbé pour favoriser la biodiversité autour des cultures.
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Dans sa chambre froide, les colis de légumes sont prêts à être livrés à l'entrepôt de Pronatura à quelques kilomètres, à Cavaillon (84). Robin Fargier brumise les salades et autres légumes feuillus (chou-fleur, blettes, etc.) afin qu'ils conservent leur humidité et leur fraicheur.
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Rémi Mione, responsable commercial sud-est de Pronatura, détaille le fonctionnement de l’entrepôt, de la préparation de la commande à la livraison. Dans une première salle, l'air est humide et la température ne dépasse pas les 6 °. Elle regroupe les produits fragiles, tels que les légumes feuillus (mâches, salades, poireaux, etc.). Sitôt livrés par les producteurs, les colis partent le jour même vers les magasins afin de garantir une fraîcheur maximale.
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La deuxième salle, dont la température est à 7°, regroupe les autres fruits et légumes, tels que les pommes, les courges et certains produits d'importation, dont la conservation est plus longue. L'occasion pour tous les participants de découvrir les nouveautés et les nouvelles variétés du catalogue de Pronatura.

Une journée ponctuée de visites

Pour s’immerger entièrement dans la chaîne de production, la journée se poursuit avec deux visites : l'une au cœur des entrepôts de Pronatura afin d’illustrer toute la complexité de la logistique sur les fruits et légumes. L'autre, à quelques kilomètres de là, sur le domaine de Robin Fargier, un maraîcher partenaire. Travail du sol, lutte contre les ravageurs, gestion de l’eau, rotations des cultures… Les échanges sont riches sur les techniques de production, les choix de commercialisation de l’exploitant ou encore ses défis quotidiens.

Devant sa parcelle où s’affairent plusieurs salariés, le producteur explique par exemple que la cueillette de choux de Bruxelles est manuelle et nécessite trois passages, contrairement à ce qui se pratique en Hollande où la récolte est mécanique. De quoi justifier les écarts de tarifs conséquent selon les origines. « C’est très instructif de voir comment les producteurs travaillent et surtout de comprendre les contraintes de leur métier », reconnaît Hadrien Lavabre, co-gérant du magasin Lubéron Bio à Apt (84).

CIRCUITS BIO est depuis 2020 le média B2B spécialiste des magasins bio. Il s’adresse aux acteurs de la distribution spécialisée bio : acheteurs en centrales, directeurs de magasins, chefs de rayon, fabricants, fournisseurs, organismes professionnels. Créés en toute indépendance par des journalistes spécialisés, les contenus proposés par CIRCUITS BIO sont diffusés en mode omnicanal : magazine bimestriel, site web éditorial, enews hebdomadaire, événements.