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Biocoop dévoile son plan stratégique 2029 : rendre la bio " accessible, désirable et exigeante "

À l'horizon 2029, la coopérative veut " rendre accessible et désirable une bio exigeante ". Ouverture de 150 magasins, 40 % des ventes sans emballage jetable, devenir la référence du primeur bio, etc.  : l'enseigne fixe le cap et appelle les pouvoirs publics à soutenir le développement du bio.
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  • Auteur : Amaury Beautru

Pour la première fois, Biocoop a soumis son plan stratégique au vote de ses sociétaires. Validé en juin, il fixe un cap ambitieux pour 2029 : " rendre accessible et désirable une bio exigeante ". Jeudi 18 septembre, le président de la coopérative Henri Godron et son directeur général Franck Poncet en ont dévoilé les détails lors d'une conférence de presse.

Franck Poncet (directeur général de Biocoop, à gauche) et Henri Godron (Président de l'enseigne leader de la bio spécialisée, à droite), lors d

Franck Poncet (directeur général de Biocoop, à gauche) et Henri Godron (Président de l'enseigne leader de la bio spécialisée, à droite), lors de la conférence de presse du 18 septembre 2025.

Accessibilité : 900 magasins et de nouveaux formats

L'accessibilité est sans doute le défi le plus ambitieux de Biocoop. Elle se décline sur plusieurs fronts. La coopérative vise 900 magasins d'ici quatre ans, soit 150 créations ou ralliements de commerces bio indépendants. " Nous touchons aujourd'hui 80 % de la population française, nous visons 100 % ", explique Franck Poncet. En 2024, dix nouveaux points de vente ont rejoint le réseau. Une douzaine d'ouvertures est attendue en 2025 et 2026, avant une accélération. (On comprend mieux le conflit qui l'oppose à Accord Bio depuis cet été). " Il faut 18 mois pour ouvrir un magasin Biocoop résilient ", rappelle Henri Godron.

Biocoop compte aussi sur le digital : le e-commerce pourrait tripler pour atteindre 3 % du chiffre d'affaires d'ici 2029. L'enseigne explore de nouveaux formats adaptés aux zones rurales et populaires, voire des magasins monométiers (primeurs, cavistes, vrac, crémerie…).

La restauration collective reste également un relais de croissance : de 20 M€ aujourd'hui, Biocoop Restauration vise 50 M€ en 2029.

L'accessibilité passe aussi par le prix. Sur ses 10 000 références, 200 produits bénéficient déjà d'un prix " engagé ", jugé juste pour le producteur comme pour le consommateur. Ils devraient être 500 en 2029.

Enfin, l'enseigne veut lever les freins culturels : " Certaines personnes n'osent pas pousser la porte de nos magasins ", regrette Henri Godron. Un tiers des magasins est déjà impliqué dans des dispositifs de sécurité sociale alimentaire ou d'épiceries solidaires. L'objectif est d'atteindre la moitié du réseau d'ici 2029.

Désirable : cap sur le goût et l'origine France

" Nous ne sommes pas que des mangeurs de graines, il y a aussi la bio mousse au chocolat ", plaisante Franck Poncet pour introduire le volet désirabilité.

Biocoop en a profité pour rappeler ses engagements :

  • origine et transformation françaises,
  • lutte contre l'ultratransformation,
  • bannissement de 500 additifs dans sa marque propre (15 % du CA),
  • réduction des emballages,
  • adoption récente du Nutri-Score.

Deux objectifs chiffrés se démarquent sur les fruits et légumes. Biocoop veut devenir la référence des primeurs bio, en portant la part des fruits et légumes à 25 % de son chiffre d'affaires.

Sur l'origine, l'enseigne ambitionne 100 % de fruits et légumes français pour toutes les productions cultivables en métropole, contre 87 % aujourd'hui.

Exigeante : commerce équitable et réduction des déchets

Le troisième pilier du plan renforce l'exigence de l'enseigne. Le poids du commerce équitable (Nord-Sud et Nord-Nord) doit progresser de 5 points pour atteindre 30 % de l'assortiment en 2029. En parallèle, Biocoop veut renforcer ses approvisionnements locaux (15 % de l'assortiment) pour soutenir l'emploi et limiter son empreinte écologique. D'ailleurs, d'ici la fin de l'année, tous les camions du réseau rouleront au biogaz. Objectif : - 25 % d'émissions de CO₂ d'ici 2030.

Sur les déchets, Biocoop vise 40 % des ventes sans emballage jetable. Cela représenterait 700 tonnes d'emballages évitées entre 2025 et 2029. Aujourd'hui, un tiers du chiffre d'affaires provient déjà du vrac.

Biocoop interpelle les pouvoirs publics

Profitant de cette présentation, les dirigeants ont appelé les pouvoirs publics à mieux soutenir l'agriculture bio. Sans demander de budget, ils avancent plusieurs propositions.

L'un des sujets concerne leurs confrères de la grande distribution. Ils proposent d'inciter, voire d'imposer, à leurs homologues généralistes, un minimum d'offre bio dans les linéaires. Plus politique ensuite, Biocoop encourage la création d'une mission d'enquête interministérielle. L'idée, réunir les hauts fonctionnaires de l'agriculture, de la santé et des finances pour établir une vision consolidée et non partisane de l'impact social, économique et environnemental de la bio. La finalité, mesurer le vrai soutien accordé à la bio, chiffrer ses externalités positives et les coûts cachés du conventionnel (dépollution, prise en charge de santé, etc.).

Un marché qui reprend des couleurs

" La bio n'est plus en crise ", a conclu Henri Godron. Biocoop a enregistré +7,5 % de croissance au premier semestre, dans la lignée de 2024 (+8,5 %). Le marché repart aussi, y compris en grandes surfaces. " L'agriculture biologique est la seule solution viable pour un avenir durable, a rappelé Franck Poncet. Nos ambitions sont claires, les moyens réunis. L'enjeu désormais : développer les ventes pour tirer la production. "

L'enseigne, sans plus de précisions, parle d'un investissement de plusieurs dizaines de millions d'euros, "sans égale dans son histoire". Il devrait permettre à la coopérative de dépasser "rapidement" les 2 milliards d'euros de CA, contre 1,7 Mds € en 2024.

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