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Le bio souffre face à la concurrence des autres labels

Alors que les ventes de produits bio sont encore en recul en grande distribution, les mentions alternatives comme « sans résidus de pesticides » affichent de belles progressions. Perçues comme moins chères et écologiques, elles concurrencent de plus en plus les produits bio.
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  • Auteur : Magali MONNIER
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Les produits bio perdent du terrain en grande distribution. A mi-août et sur une période d’une année, la part des ventes de références estampillées AB s’est élevée à 4,4 % d’un total PGC FLS. C’est 0,4 point de moins que le niveau observé en 2019 (4,8 %), selon NielsenIQ. Un recul corrélé notamment à la diminution de l’assortiment bio en linéaires qui a chuté de 10,2 % en hypermarchés et supermarchés sur un an. Les ventes de bio, en unités, affichent quant à elles une baisse de 10,3 %.

+ 8,7 % de ventes pour les produits « sans pesticides »

À l’inverse, les produits aux mentions alternatives (sans pesticides, plein air, naturel, etc.), plus accessibles en termes de prix, voient leurs ventes progresser, comme évoqué dans notre dernier numéro. En août 2023, le marché des produits alternatifs a atteint 18,3 milliards d’euros en grande distribution, en hausse de 10 % par rapport à l’année précédente. Dans le détail, les mentions « plein air » (+ 15,6 %), « sans conservateurs » (+ 12,3 %), « sans pesticides » (+ 8,7 %), « naturel » (+ 7,8 %), « sans gluten » (+ 7,8 %), « sans huile de palme » (+ 7,4 %) et « label responsable » (+ 4,4 %) affichent les plus belles progressions des ventes en unités sur un an.

Graphe-Nielsen-Evolution

D’après une étude consommateurs réalisée cet été par NielsenIQ, 38% des Français estiment ainsi que les produits sans résidus de pesticides constituent une alternative crédible et moins chère au bio. Ce sont trois points de plus qu’en 2022. Si la volonté de s’engager pour la planète semble réelle (53 % des répondants accordent plus d’importance à la durabilité qu’il y a deux ans), celle-ci se heurte aux contraintes budgétaires auxquelles les ménages font face. Le prix reste en effet un facteur prépondérant expliquant la réduction des achats de bio des Français d’après le panéliste. Seulement 10 % des Français se disent aujourd’hui prêts à acheter une alternative durable si elle coûte plus cher.

Un manque de compréhension du label bio

Les produits aux mentions alternatives se positionnent comme une offre complémentaire à la bio puisque près de 75 % des acheteurs de produits garantis sans pesticide n’achètent pas de bio. «  Cette concurrence ne fait que souligner le manque de compréhension du label bio  », analyse le panéliste. En juillet 2023, 59 % des Français estiment qu’il vaut souvent mieux acheter un produit de bonne qualité (avec un label, fermier, local) qu’un produit bio, soit 3 points de plus que l’année précédente. Autre chiffre : environ 40 % des consommateurs jugent que les produits sans résidus de pesticides sont synonymes d’une agriculture plus écologique. Des résultats qui appellent les acteurs de la bio à ne pas relâcher leurs efforts en matière d’informations auprès du grand public.

Le recul du bio en GMS est tiré par neuf catégories
Selon NielsenIQ, un tiers des pertes en bio dans la grande distribution est imputable à seulement neuf catégories : les jus de fruits, le lait longue conservation, les œufs, les yaourts, la 4ème gamme libre-service (fruits et légumes crus, épluchés, coupés et lavés), les biscuits, les conserves de légumes, les jambons cuits et rôtis, et les sauces chaudes. Ces mêmes catégories comptabilisent également plus de la moitié de la baisse d’assortiment bio en GMS.

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