La consommation de bio stabilisée et une campagne pour la raviver
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- Auteur : Amaury Beautru
Après une période de baisse liée notamment aux contraintes budgétaires des ménages, le recul de la consommation de produits bio marque un temps d’arrêt. Selon le 22e baromètre de l’Agence Bio (avec l’Obsoco) révélé ce jeudi 27 février 2025 à l’occasion du salon de L’Agriculture, 30 % des Français consomment du bio au moins une fois par semaine, et plus de la moitié (54 %) au moins une fois par mois. Deux chiffres stables par rapport à 2023. Si l’inflation reste une préoccupation majeure, la proportion de Français déclarant devoir limiter leurs dépenses alimentaires pour des raisons financières diminue de cinq points par rapport à l’an dernier (39 % en 2025 contre 44 % en 2024).
Une image toujours positive
Le bio conserve une image positive auprès des consommateurs, tant pour ses vertus sanitaires qu’environnementales. Près de sept Français sur dix estiment que les produits biologiques sont meilleurs pour la santé et plus adaptés aux enfants, et 67 % reconnaissent leurs qualités nutritionnelles supérieures. En parallèle, 80 % des sondés considèrent que l’agriculture biologique joue un rôle clé dans la préservation de l’environnement, des sols et des ressources en eau. Contrairement aux idées reçues, la consommation de produits labélisés ne se limite pas aux foyers les plus aisés. Le baromètre révèle que 9 % des plus hauts revenus consomment du bio quotidiennement, contre 5 % des ménages les plus modestes. Un écart réel, mais bien moins marqué que celui observé sur le niveau de diplôme. Les jeunes adultes sont aussi particulièrement engagés : 9 % des 18-24 ans déclarent consommer du bio chaque jour.
Une fatigue informationnelle à prendre en compte
Si le label AB est connu de 93 % des Français, sa signification précise reste floue pour beaucoup. La confusion entre les différents labels alimentaires alimente les doutes sur les garanties du bio, deuxième frein à l’achat après le prix. En outre, la saturation informationnelle joue contre la filière : 77 % des Français se disent fatigués par l’abondance d’informations. Un phénomène qui impacte de fait leur perception du bio.
Face à ces défis, l’Agence Bio renouvelle sa campagne de communication. « C’est Bio la France ! » est lancé depuis samedi 22 février. Plutôt que de se concentrer sur les bienfaits sanitaires et environnementaux, déjà bien ancrés, l’Agence Bio décide de valoriser le bio sous l’angle du goût et du partage, encore une fois. En effet, pour 42 % des Français, bien manger évoque aussi le plaisir des sens. Un an auparavant, quasiment jour pour jour, en présentant sa campagne 2024, l'Agence Bio avait déjà annoncé cette réorientation (relire Communication : l'Agence bio met l'accent sur le plaisir ).
La campagne a fait ses premières apparitions sur le stand de l’Agence Bio, et sur le Salon lui-même avec un spot projeté à l’entrée du parc des Expositions de la porte de Versailles. Elle est également diffusée en spot radio depuis samedi dernier (140 diffusions en plus du sponsoring de quatre émissions culinaires) et avec de l’affichage à Paris (130 faces pour 88 millions de contacts). Elle sera déclinée en spot télévisé à partir de mai. Une première.
5 millions d'euros TTC ont été budgétés pour trois temps fort en 2025.
L’objectif : inscrire le bio dans les esprits. D’après le baromètre toujours, 18 % des non-consommateurs et 23 % parmi ceux occasionnels ne pensent tout simplement pas au bio au moment de faire leurs emplettes. Ainsi L’Agence Bio transforme légèrement le nom de son ancienne campagne, Le Bio Réflexe, en #Ayonslebioréflexe qui vient compléter le slogan « C’est bio la France ».
Avec cette campagne, L’Agence Bio espère ainsi redonner aux consommateurs l’envie de soutenir une filière qui reste dynamique, avec un solde positif de 712 nouveaux producteurs en 2024 (soit + 0,8%).