Aller au contenu principal

Partenariats locaux : Les Comptoirs Rennes et Bio c'Bon Pigalle confient leur expérience

Circuits Bio a recueilli les confidences de deux duos de partenaires locaux au rayon des desserts laitiers, l'un en Bretagne, l'autre à Paris. Découvrez leurs témoignages.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Amaury Beautru
Aude Gicquel de La Ferme des Délices, et Vanessa Panatier, Les Comptoirs de la bio Rennes devant l'ultrafrais local.

Aude Gicquel de La Ferme des Délices, et Vanessa Panatier, Les Comptoirs de la bio Rennes, devant l'espace ultrafrais local du magasin.

Les Comptoirs et La Ferme des délices, deux ans que cela dure

Entre Les Comptoirs de la bio Rennes et La Ferme des délices de Plélan-le-Grand (35) personne ne se rappelle vraiment qui a fait le premier pas. Mais la relation dure depuis deux ans. Vanessa Panatier, associée du magasin bio créé en 2022 a d'abord été séduite par les pots individuels en verre pour son espace snacking. Elle a vu dans ce nouveau fournisseur la possibilité d'apporter de la variété en termes de parfum par rapport à l'offre que lui livraient déjà quelques fromagers du coin. D'abord par trois ou quatre aromatisations saisonnières, jusqu'à référencer les 10 recettes de desserts qui sortent de la Ferme des délices. « Le format snacking, c'est aussi pratique pour emmener ensuite les clients vers les pots plus familiaux que nous avons commandés dans un second temps, explique la commerçante. J'avais des doutes sur le tarif (4,50 € les 550 g, NDLR), mais les clients l'ont adopté. » Pour compenser les coûts plus importants de la « petite » production locale, Les Comptoirs de la bio Rennes applique une marge plus faible sur les articles concernés.

C'est Aude Gicquel, la transformatrice, qui lui livre chaque vendredi les yaourts issus du lait de la ferme gérée par son frère, juste à côté du laboratoire. « Je préfère passer toutes les semaines pour apporter des produits frais (17 jours de DLC, NDLR) et assurer une qualité optimum, explique l'exploitante. Les desserts livrés sont de la veille et nous récupérons les pots de verre. » Les deux partenaires n'ont pas mis en place le principe de consigne, trop contraignant à gérer. Mais même sans communication sur les produits ou par affiche, le message se transmet aux clients et la productrice collecte un cinquième des emballages environ. Aude Gicquel a organisé la livraison en caisses plastique réutilisables de ses 60 magasins distributeurs (brétilliens principalement) en cinq tournées. « J'évite de proposer nos produits dans des commerces trop proches les uns des autres », explique Aude Gicquel. « Mon magasin étant fréquenté essentiellement par des piétons, je n'aurais pas demandé d'exclusivité, mais j'aime savoir où sont vendus les produits ailleurs », réagit Vanessa Panatier.

Sur son site, le producteur local renseigne les lieux de vente. C'est aussi sur cette plateforme que les commerçants passent leurs commandes. « C'est un vrai atout quand on a plus de 80 fournisseurs auprès de qui s'approvisionner, apprécie Vanessa Panatier. Ça, et le franco à 25 € qui nous a permis de tester sans avoir à stocker, car nous n'avons pas de réserve. Et ce qui est pratique c'est qu'il n'y a pas de PCB, on commande au pot. »

Bio c'Bon Pigalle, à Paris, aligne six recettes de yaourts Fromaville parmi la vingtaine du catalog

Bio c'Bon Pigalle, à Paris, aligne six recettes de yaourts Fromaville parmi la vingtaine du catalogue. A l'avenir, certaines devraient être tournantes pour apporter de la nouveauté.

Bio c'Bon Paris Pigalle met Fromaville à l'épreuve

Depuis octobre 2025, le magasin Bio c'Bon de Paris Pigalle (sous le siège parisien) distribue l'offre de yaourts Fromaville (élaborés pour quelques semaines encore à Saint-Ouen avant d'être transféré à Montmagny (95)). Avec son grand frère, le So.bio Paris Sèvre (le premier de l'enseigne en matière de chiffre d'affaires), il met à l'épreuve la petite laiterie créée en 2021 en vue d'un déploiement. C'est Maxime Faure, responsable des achats locaux sur Paris et l'ouest de la France pour la filiale So.bio (groupe Carrefour), qui est venu frapper à la porte du producteur, Xavier Hugol Gential.

De son passé dans un réseau d'épiceries parisiennes, il avait gardé quelques contacts de fournisseurs. » Sur certaines catégories, il est difficile de trouver des partenaires locaux sur Paris. L'ultrafrais en est une, comme les confitures par exemple », note le représentant de l'enseigne. Ce printemps, les deux partenaires vont trancher sur le bienfondé d'une expansion de la distribution aux 48 points de vente sous les deux enseignes en Île-de-France. Les indicateurs semblent au vert. « C'est la première fois que je travaille en direct avec un réseau intégré et cela fonctionne très bien, estime pour sa part le producteur qui diffuse ses yaourts chez 140 détaillants, principalement indépendants. Je craignais qu'il soit difficile d'embarquer les salariés, mais après quelques mois de réglages les volumes progressent comme à chaque démarrage. » Chez Bio c'Bon ou So.bio, les équipes ne sont en effet pas coutumières des achats en direct. Les commandes passées à Fromaville doivent être remplies avant le dimanche soir, pour une livraison en fin de semaine, ceci afin de produire la juste quantité et garantir une DLC de 24 jours à la livraison. Si le magasin oublie sa commande, la rupture peut durer longtemps. Le producteur apprécie d'ailleurs l'administratif bien huilé du groupe, avec des paiements honorés dans les temps, sans relance.

Le responsable des achats locaux a lui apprécié le format en 450 g des yaourts, ainsi que la variété des recettes et le conditionnement en pot verre consigné. « C'est un format peu commun en marque nationale et le catalogue de 19 recettes permet de référencer des offres consensuelles (vanille, grec) et d'autres de niches à l'instar de celle au sésame noir ou au thé matcha, confie Maxime Faure. Si le référencement est étendu, nous pourrions proposer une sélection permanente pour fidéliser la clientèle et une plus saisonnière pour apporter de la nouveauté. »

Mais avant d'envisager le déploiement de Fromaville chez So.bio et Bio c'Bon, les deux partenaires vont devoir régler la question de la consigne. Pour un démarrage rapide, producteur et distributeur se sont entendus sur une livraison en direct afin de déposer les yaourts, mais aussi reprendre les pots vides (les magasins étant déjà coutumier de la technique de la consigne avec une expérience sur le non alimentaire). Jusqu'à présent, cet aspect n'était pas couvert par le prestataire de livraison de produits locaux du distributeur sur Paris, Coco Locaux. « Une solution devrait être trouvée dans l'intérêt de tous, pour n'avoir plus qu'un point de livraison pour le producteur et des commandes plus petites et fréquentes pour les points de vente », estime Maxime Faure. Pour son test, Fromaville n'a appliqué un franco que de 35 yaourts (vendus au consommateur 4,49 € les 450 g dans les deux magasins). Une contrainte recevable pour les deux commerces pilotes, mais pas forcément adaptée aux plus petites adresses du groupe. « Même en ajoutant un intermédiaire dans l'équation et malgré le coût que cela représenterait, la solution serait toujours gagnant-gagnant », conclut Maxime Faure.

CIRCUITS BIO est depuis 2020 le média B2B spécialiste des magasins bio. Il s’adresse aux acteurs de la distribution spécialisée bio : acheteurs en centrales, directeurs de magasins, chefs de rayon, fabricants, fournisseurs, organismes professionnels. Créés en toute indépendance par des journalistes spécialisés, les contenus proposés par CIRCUITS BIO sont diffusés en mode omnicanal : magazine bimestriel, site web éditorial, enews hebdomadaire, événements.