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Ecolience, un nouveau modèle de production agroalimentaire bio

Une vingtaine de cultures sur 850 hectares, un élevage de près de 500 chèvres et 12 ateliers de transformation sur un même site… c’est le pari un peu fou de Frédéric Grünblatt et Marlène Castan dans la Vienne (86). Leur marque baptisée Sans Détour a déjà séduit plusieurs distributeurs, dont l’enseigne So.bio. 
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  • Auteur : Léa Lesurf
couple_ecolience
A l’origine du projet, Marlène Castan et Frédéric Grünblatt, un couple de passionnés bien connu du réseau spécialisé. Après une première expérience retail chez Rayon Vert, le couple a fondé Vitafrais en 2001. La vente de l’entreprise quinze ans plus tard leur a donné les capacités financières de créer Ecolience sans faire appel à des investisseurs.
Champs_Ecolience
Marlène Castan et Frédéric Grünblatt ont eu l’opportunité d’acheter 260 hectares de terres agricoles d’un seul tenant, sur lesquels ils ont fait construire leur usine de tri et de transformation d’une surface de 3 600 m². Pour compléter les volumes, ils ont noué des partenariats avec 24 agriculteurs bio répartis sur un total de 850 ha dans un périmètre de 100 km autour de Genouillé.
Courge_Ecolience
La graine de courge bio est l’une des productions phares d’Ecolience. C’est le premier produit sur lequel s’est engagé So.bio en 2021 pour soutenir le projet. Un véritable parti pris puisque les deux enseignes de la filiale de Carrefour ont basculé la totalité de leur offre en vrac, initialement importée d’Autriche, sur cette production 100 % made in France.
chèvre_ecolience
Le projet d’Ecolience a vocation à fonctionner en autonomie sur tout le long de la chaîne de production. Ainsi, l’installation d’un élevage de quelque 500 chèvres de race poitevine sur le site permet de fournir de la matière azotée aux cultures. En contrepartie, l’alimentation du troupeau est assurée par le pâturage des couverts végétaux. Avec le lait, le couple envisage l’an prochain de développer une gamme de fromages de chèvre.
silos_ecolience
Ecolience a investi de façon importante dans les outils de tri, de décorticage et de séchage basse température des graines. La vente de graines à des industriels, la fabrication de semences pour l’agriculture mais aussi la prestation de service pour les agriculteurs devraient à terme représenter 30 % de son chiffre d’affaires.
farine_ecolience
Le site d’Ecolience a été dimensionné pour accueillir 12 ateliers de première et de deuxième transformation pour les matières premières agricoles de l’exploitation et de ses agriculteurs partenaires. L’huilerie, la meunerie, la pasterie, la brasserie mais aussi la biscuiterie sont d’ores et déjà opérationnelles. D’autres, telles que la boulangerie, la fromagerie ou la conserverie devraient entrer en service dès 2024.
Pasterie Ecolience
Penne, macaroni, coquillette, fusilli, spaghetti, tagliatelles, blanches, semi-complètes, complètes…  La pasterie permet aujourd’hui à Ecolience de proposer une large gamme d’une vingtaine de références de pâtes. L’entreprise revendique une fabrication artisanale avec un séchage à basse température (inférieur à 45°C). Leur positionnement prix demeure attractif à moins de 4 € le kilo.
bière_Ecolience
Déclinée sur quatre recettes (blonde, blanche, ambrée et triple), la gamme de bières d’Ecolience est brassée à partir de l’orge malté de l’exploitation et de houblon cultivé à 15 km du site. Soucieuse de diversifier ses débouchés, l’entreprise propose depuis peu une gamme en fût à destination du réseau des cafés, hotels et restaurants, un circuit de distribution amateur de mousses locales.
pack farine_ecolience
Baptisée Sans Détour, la marque d’Ecolience mise sur un packaging narratif afin d’expliquer le concept de « paysan-artisan » qu’elle revendique. Des huiles, aux farines, en passant par les bières, les pâtes et les graines et céréales en sachets, la gamme comporte aujourd’hui une soixantaine de références, toutes déclinables en vrac.
so.bio_Ecolience
Première enseigne à s’engager dans le projet en 2021 en distribuant dans ses magasins la graine de courge produite par Ecolience, So.bio renouvelle cette année son soutien à Marlène Castan et Frédéric Grünblatt. La filiale de Carrefour, représentée sur la photo par son directeur Pierre Yves Fournet, va référencer dès cet automne une quarantaine de références, des huiles, des bières, des légumineuses en vrac et pas moins de 16 codes de pâtes. Des farines s’ajouteront à la gamme en 2024.

C’est un projet aussi ambitieux qu’unique en France. Frédéric Grünblatt et Marlène Castan, le couple fondateur du grossiste Vitafrais, ont fait le pari d’un modèle alternatif de production agroalimentaire où l’amont et l’aval sont regroupés sur un même site. « C’est un modèle qui nous rappelle au bon sens paysan, où les fermes étaient de petites entités diversifiées et autonomes », affirme Frédéric Grünblatt au micro de Circuits Bio, invité sur l’exploitation le 5 octobre dernier.

Une filière en circuits ultra-courts

Baptisée Ecolience, cette toute nouvelle unité bio se situe à Genouillé dans la Vienne (86). Tout autour du site, dans un rayon de moins de 100 km, 22 cultures différentes (lentilles, graines de courges, blé, petit épeautre, etc.) sont exploitées par 24 agriculteurs partenaires. La surface agricole totale s’étend sur 850 hectares, dont 260 ha appartiennent au couple. Sur leur parcelle, Frédéric Grünblatt et Marlène Castan ont également installé un maraîcher pour les légumes, un élevage de chèvres et prochainement des poules pondeuses pour les œufs.

Au milieu des champs, le site de transformation d’Ecolience accueille 12 ateliers de fabrication de produits certifiés bio, de la meunerie à la pasterie en passant par la fromagerie ou la brasserie. De quoi pousser le concept de circuits courts à son paroxysme et réduire drastiquement l’empreinte carbone des denrées alimentaires. « La distance pondérée parcourue par les céréales pour parvenir au site est de 8 km », souligne Frédéric Grünblatt dont le modèle de « paysan-artisan » se traduit jusque dans le nom de sa marque, baptisée Sans Détour.

Le réseau bio et la GMS locale en soutien

Imaginé en 2018 en pleine ascension de la bio en France, Ecolience a souffert à son démarrage en 2021 d’un contexte particulièrement difficile, entre la guerre en Ukraine, la crise énergétique et le recul du marché bio. Résultat : un retard de plus d’un an dans le lancement des produits avec des pertes financières conséquentes. En 2023, Ecolience et ses partenaires ont récolté plus de 1 400 tonnes de graines. Pour atteindre leur vitesse de croisière, le couple ambitionne de collecter et de transformer 8 000 tonnes par an à l’horizon 2028.

Pour monter en puissance, Frédéric Grünblatt et Marlène Castan ont pu compter sur l’engagement de plusieurs distributeurs, dont quelques grandes surfaces locales. Côté réseau spécialisé, Le Marché de Léopold, Satoriz, day by day mais aussi So.bio ont été les premiers à soutenir leur projet. Engagé dès 2021 sur les graines de courges, la filiale de Carrefour a renouvelé son contrat cette année en élargissant le référencement à une quarantaine de produits dans ses deux enseignes, So.bio et Bio c’Bon. Des discussions sont aujourd’hui en cours avec les principaux réseaux d’indépendants.

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