Ecolience, un nouveau modèle de production agroalimentaire bio
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- Auteur : Léa Lesurf
C’est un projet aussi ambitieux qu’unique en France. Frédéric Grünblatt et Marlène Castan, le couple fondateur du grossiste Vitafrais, ont fait le pari d’un modèle alternatif de production agroalimentaire où l’amont et l’aval sont regroupés sur un même site. « C’est un modèle qui nous rappelle au bon sens paysan, où les fermes étaient de petites entités diversifiées et autonomes », affirme Frédéric Grünblatt au micro de Circuits Bio, invité sur l’exploitation le 5 octobre dernier.
Une filière en circuits ultra-courts
Baptisée Ecolience, cette toute nouvelle unité bio se situe à Genouillé dans la Vienne (86). Tout autour du site, dans un rayon de moins de 100 km, 22 cultures différentes (lentilles, graines de courges, blé, petit épeautre, etc.) sont exploitées par 24 agriculteurs partenaires. La surface agricole totale s’étend sur 850 hectares, dont 260 ha appartiennent au couple. Sur leur parcelle, Frédéric Grünblatt et Marlène Castan ont également installé un maraîcher pour les légumes, un élevage de chèvres et prochainement des poules pondeuses pour les œufs.
Au milieu des champs, le site de transformation d’Ecolience accueille 12 ateliers de fabrication de produits certifiés bio, de la meunerie à la pasterie en passant par la fromagerie ou la brasserie. De quoi pousser le concept de circuits courts à son paroxysme et réduire drastiquement l’empreinte carbone des denrées alimentaires. « La distance pondérée parcourue par les céréales pour parvenir au site est de 8 km », souligne Frédéric Grünblatt dont le modèle de « paysan-artisan » se traduit jusque dans le nom de sa marque, baptisée Sans Détour.
Le réseau bio et la GMS locale en soutien
Imaginé en 2018 en pleine ascension de la bio en France, Ecolience a souffert à son démarrage en 2021 d’un contexte particulièrement difficile, entre la guerre en Ukraine, la crise énergétique et le recul du marché bio. Résultat : un retard de plus d’un an dans le lancement des produits avec des pertes financières conséquentes. En 2023, Ecolience et ses partenaires ont récolté plus de 1 400 tonnes de graines. Pour atteindre leur vitesse de croisière, le couple ambitionne de collecter et de transformer 8 000 tonnes par an à l’horizon 2028.
Pour monter en puissance, Frédéric Grünblatt et Marlène Castan ont pu compter sur l’engagement de plusieurs distributeurs, dont quelques grandes surfaces locales. Côté réseau spécialisé, Le Marché de Léopold, Satoriz, day by day mais aussi So.bio ont été les premiers à soutenir leur projet. Engagé dès 2021 sur les graines de courges, la filiale de Carrefour a renouvelé son contrat cette année en élargissant le référencement à une quarantaine de produits dans ses deux enseignes, So.bio et Bio c’Bon. Des discussions sont aujourd’hui en cours avec les principaux réseaux d’indépendants.