Écodis mise sur la valorisation de ses huiles 100 % bio et locales
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- Auteur : Erwan Le Fur
C’est fou tout ce qu’on peut faire avec de simples graines. Huiles alimentaires ou pour les soins du corps, produits d’entretien, savons liquides, cosmétiques solides… Le grossiste breton Écodis produit à partir de cette matière première plus d’une vingtaine de références sous ses marques Yssé, Anaé et La Droguerie écologique. L’unité de fabrication, baptisée Écoprod et opérationnelle depuis 2019, est située à Péaule près de Vannes (56), non loin du siège de la société.
Sourcing à l’échelle départementale
« Nous sommes l’un des rares acteurs en France à produire de l’huile 100 % bio et à la transformer », souligne Benjamin Baron, chimiste de formation et responsable du site qui s’étend sur 1 300 m². Quatre variétés de graines sont ici pressées pour en extraire l’huile : la cameline, le chanvre, le colza et le lin. Elles sont issues dans leur intégralité de filières bio et bretonnes qui se trouvent dans un rayon dépassant rarement les limites du département.
« Pour sécuriser nos approvisionnements, nous avons mené un gros travail avec le GAB 56 [Groupement des agriculteurs bio du Morbihan, ndlr] en amont du lancement de ce projet », explique Benjamin Baron. Si les filières locales de chanvre, de lin et de cameline bio sont à l’époque en place, tout est à relancer sur celle du colza. « Le savoir-faire s’était perdu, ce n’est pas si facile de produire du colza bio », pointe le responsable. Écodis a notamment participé au financement d’une étude avec les agriculteurs du département pour redéfinir des conditions pérennes de production de l’oléagineux selon les critères du cahier des charges AB.
« Il a d’abord fallu identifier la période de semis la plus propice puis sélectionner l’espèce complémentaire chargée de protéger la pousse des plants de colza ». C’est finalement le sarrasin qui s’est imposé lors de ces expérimentations. Semée en même temps que les graines de colza, en août, la pseudo-céréale lève très rapidement puis s’efface au profit de la culture principale, garantissant ainsi des rendements dignes de ce nom.
Des huiles aux produits transformés
Les premières huiles alimentaires produites par Écodis ont fait leur apparition dans le catalogue du grossiste dès mars 2020. Outre sa propre production, le grossiste propose également aujourd’hui d’assurer la transformation pour des agriculteurs locaux qui ne disposent pas de presse mais qui souhaitent valoriser leurs graines. « A condition qu’elles soient cultivées selon le cahier des charges de l’agriculture biologique », précise Benjamin Baron.
Le gros de la production au sein de l’unité de Péaule vise néanmoins à alimenter les marques propres d’Écodis. Les huiles destinées à l’alimentation sont commercialisées sous la marque Yssé, celles dédiées à un usage cosmétique (vendues en plus petit format), sous la marque Anaé. Le grossiste les commercialise également auprès de savonniers dans différents formats allant de 5 à 1 000 litres.
« Après les huiles, explique Benjamin Baron, on a souhaité étoffer nos gammes en développant des produits plus transformés ». Début 2021, Écodis lance son savon noir à l’huile de lin (La Droguerie Ecologique). La même huile est aujourd’hui proposée sous forme polymérisée pour l’entretien des meubles. En 2022, le grossiste investit le champ de la cosmétique en créant sous sa marque Anaé une gamme zéro déchet formulée à partir de ses huiles (dentifrices, déodorants et baumes). Le premier cosmétique solide fabriqué à Péaule (un pain de rasage) est sorti cette année.
Focus sur le rayon entretien en 2024
Dans l’intervalle, le site a intégré une unité de conditionnement des sachets de bicarbonate et de percarbonate de soude et une autre pour les bag in box en 15 litres de vinaigre blanc. Au chapitre de l’entretien toujours, le grossiste prévoit le lancement en 2024 d’un nouveau solide vaisselle. A l’instar des autres produits sortant des lignes de Péaule, c’est Benjamin Baron en personne qui s’est chargé de la formulation.