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Le marché des conserves de poissons ne connaît pas la crise

Les ventes de conserves de poissons progressent en magasins bio. Les marques capitalisent sur leur différenciation et veulent donner davantage de visibilité à ce segment. 
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Magali Monnier
Conserves de poissons
Les conserves de poissons pèsent 6,6 % du CA de l’épicerie salée en magasin bio au premier semestre 2024 selon Biotopia Insight.
Les ventes sont au rendez-vous. A fin 2024, le chiffre d’affaires des conserves de poissons a progressé de 7 % quand les volumes ont augmenté de 10 % en magasin bio (source : panel distributeur d’après fabricants). Phare d’Eckmühl, leader de la catégorie, communique sur une hausse de ses ventes de 12 %. Celle de Fish4Ever atteint 13 %. « C’est un marché qui a toujours très bien fonctionné ces dernières années », témoigne Elisa Combes, acheteuse épicerie salée pour Naturalia. Au sein de l’enseigne, le chiffre d’affaires s’est envolé de 20 % l’an passé (+ 15 % pour les volumes). Cette catégorie « fond de placard » coche de nombreuses cases. « Ce sont des produits pratiques, abordables, qui se conservent longtemps, dans des emballages recyclables », énumère Caroline Hennequin, responsable marketing du groupe Gendreau (marque Bonne Nature).

Une offre premium avec Ortiz

Les conserves de poisson séduisent également pour leurs aspects nutritionnels reconnus, à l’instar de la présence d’oméga 3. « Elles constituent une offre de protéines beaucoup plus accessible que la viande ou même que certaines protéines végétales », complète Véronique Paulet, responsable category management et force de vente pour Phare d’Eckmühl. En plus de ces arguments, les marques mettent en avant leur offre différenciante, comme les recettes réduites en sel « qui cartonnent », selon Elisa Combes. « Ce sont des produits de destination qui n’ont pas d’équivalents en GMS », souligne Véronique Paulet. Phare d’Eckmühl, qui possède déjà cinq références moins salées, ajoute un nouveau code de sardine au naturel à cette gamme (voir encadré ci-dessous). Celle-ci pèse 12 % du CA de la signature et a fortement contribué à sa croissance l’an passé.
Bonne Nature, spécialiste de la sardine, veut se différencier avec sa nouvelle offre 100 % française (voir ci-dessous). La conserverie, familiale depuis 120 ans et basée à Saint Gilles Croix de Vie (85), souhaite davantage communiquer sur son savoir-faire et l’origine de ses produits. « Nous possédons notre propre flotte de bateaux et nous pêchons nos sardines entre le sud de la Bretagne et l’île de Ré », explique Caroline Hennequin. Les deux références tricolores contiennent de l’huile de colza et du citron corse. Les boîtes affichent « tous nos ingrédients sont 100 % français » sur sa face avant. « Nous voulions que cette gamme interpelle et soit différenciante en linéaires », argumente Caroline Hennequin.
Naturalia s’est attelé à donner davantage de place à ce marché et à diversifier son offre en termes de niveaux de prix. « Nous vendons par exemple la marque premium Ortiz qui a trouvé son public », précise Elisa Combes. La signature espagnole, aussi présente chez So.bio, Satoriz, La Vie Claire ou encore NaturéO, possède huit recettes bio, principalement présentées en bocal en verre. Sa top référence, le thon germon à l’huile d’olive vierge extra, est vendue 11,90 € les 220 g. « Il existe un public français qui s’intéresse particulièrement aux conserves de poissons et qui sont en recherche de qualité supérieure à ce qu’ils trouvent aujourd’hui sur le marché », argumente Jon Zearreta, responsable export pour Conservas Ortiz. La marque qui réalise 10 % de son chiffre d’affaires en France, dont moins du tiers en circuit spécialisé bio, revendique une croissance de 10 % entre 2021 et 2024 et souhaite accélérer son développement. Elle vante un savoir-faire de plus de 130 ans, que ce soit au niveau de la préparation des poissons que de sa technique de pêche à la canne.

Des nouveaux packs colorés pour Fish4Ever

Fish4Ever ambitionne aussi de développer sa gamme en bocaux en verre, composée de deux références de filets de thon (à l’huile d’olive et au naturel) au prix facial plus accessible (7,49 € les 150 g). En parallèle, la marque a revu le design de toute son offre avec « des packagings plus colorés et plus modernes donnant une meilleure visibilité en rayon , selon Clea Eschena, responsable export pour Fish4Ever. Ce relooking permet d’attirer les jeunes consommateurs au sein d’un marché à la clientèle plutôt âgée . »
Bien que le segment ait gagné trois points de pénétration en 2024, celui-ci ne touche que 28 % des clients en magasins bio, « contre environ 96 % en grande distribution , souligne Véronique Paulet. Le potentiel de développement reste énorme. » Le principal enjeu selon la marque est de donner davantage de visibilité à ce marché pour séduire à la fois les consommateurs mais aussi les professionnels. « C’est une catégorie invisibilisée dans l’esprit des responsables de magasin , regrette Véronique Paulet. Elle apporte pourtant des ventes additionnelles. » Au premier semestre 2024, les conserves de poissons ont gagné deux places et représentent la quatrième catégorie de l’épicerie salée en termes de CA, d’après Biotopia Insight. « Le réseau bio a un bel axe de progression sur ce segment , conclut Véronique Paulet. Par exemple, en été, il serait opportun de donner davantage de place à cette offre en rognant sur celle accordée aux produits hivernaux. »

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Le coin des nouveautés
Phare d’Eckmühl élargit sa gamme réduite en sel avec des sardines au naturel (3,69 € les 115 g) et a retravaillé son offre de tartinables. Fish4Ever, qui possède déjà des petites sardines au naturel, en sort des grosses (3,95 € les 100 g). La signature propose aussi des filets d’anchois à l’huile d’olive extra vierge (8,59 € les 160 g) et a revu sa recette de sardines à la sauce tomate pimentée et à l’ail bio. Ces nouveautés arborent la nouvelle charte graphique colorée de la marque. Bonne Nature mise sur des sardines 100 % françaises, à l’huile de colza nature et au citron corse (3,40 € et 3,50 € les 115 g). 

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