Après quatre ans et demi de baisse ininterrompue, le bio en grande distribution sort enfin la tête de l’eau. En octobre 2025, les volumes de produits de grande consommation biologiques repassent à l’équilibre (+0,1 %). La dynamique est tirée par le frais.
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Auteur : Amaury Beautru
Le signal était attendu depuis longtemps. Après avoir reculé sans discontinuer depuis début 2021, les ventes de produits bio en grande distribution renouent avec la croissance en volume.
Selon Circana, octobre 2025 restera la date du « point d’équilibre » : les volumes globaux se redressent légèrement. En parallèle, les ventes en valeur progressent de +2,1 % sur la période.
Sur le cumul annuel mobile (douze mois arrêtés au 26 octobre), le marché reste toutefois en retrait (- 1,8 % en volume, - 0,6 % en valeur), mais la tendance s’inverse clairement. Après l’écrémage, le bio retrouve de la visibilité dans les rayons (+0,7 % d’assortiment en octobre), et l’indice prix avec le conventionnel s’est rapproché, ce qui redonne confiance aux acheteurs selon Emily Mayer, directrice business insight chez Circana.
Les produits frais en première ligne
Ce retour à la stabilité est d’abord porté par les produits frais, en hausse de + 1,1 % en volume et + 2,9 % en valeur en octobre. La crémerie, locomotive du segment, progresse de + 2,5 % en volume et +3,8 % en valeur. Tandis que le frais non laitier et les surgelés restent en retrait.
L’épicerie confirme également son redressement, stable en volume mais positive en valeur (+ 2,2 %). Dans le détail, l’épicerie salée gagne + 0,8 % en volume, quand la sucrée cède encore - 0,5 %, malgré une belle performance en valeur (+ 5,3 %). Les liquides, en revanche, demeurent fragiles (- 1,8 % en volume).
Des circuits à plusieurs vitesses
Tous les circuits ne profitent pas de la même dynamique. En octobre, les hypermarchés enregistrent une reprise nette (+ 0,7 % en volume), tandis que les supermarchés affichent une évolution plus modeste (+ 0,2 % en volume). Le mouvement est plus marqué du côté de la proximité, qui poursuit sa montée en puissance avec + 2,5 % en volume.
L’e-commerce GSA tire également son épingle du jeu (+ 1,8 % en volume), confirmant l’ancrage du bio dans les paniers digitaux. Seul le circuit des enseignes à dominante marques propres (EDMP) reste à contre-courant, en recul de - 6 % en volume.
Sur le cumul annuel, la hiérarchie se maintient : les circuits de proximité et le e-commerce résistent le mieux (+ 2,2 % et - 1,4 % en volume respectivement), tandis que les EDMP décrochent (-7,8 %).
Vers un nouveau cycle de croissance ?
Ce retour à l’équilibre ne marque pas encore une reprise durable, mais il témoigne d’un marché assaini. Les distributeurs ont affiné leurs assortiments, éliminé les références redondantes et repositionné leurs gammes pour coller davantage aux attentes de prix et de praticité. Du côté des consommateurs, la confiance revient progressivement, soutenue par une meilleure lisibilité de l’offre et un écart de prix qui se resserre avec le conventionnel.
Les grandes surfaces rejoignent ainsi la dynamique déjà engagée dans le circuit spécialisé, où la reprise s’est amorcée depuis près de deux ans. La stabilisation observée en octobre constitue un jalon important. Reste à transformer ce frémissement en véritable redémarrage.