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DGCCRF : le grand ménage dans le blanchiment vert

Le bilan des contrôles menés par la DGCCRF en 2023 et publié ce 7 octobre 2025 révèle que 25 % des établissements du secteur non alimentaire présentent des allégations environnementales trompeuses. Des pratiques qui fragilisent la confiance des consommateurs.
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  • Auteur : Amaury Beautru
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L'attrait des Français pour des modes de consommation plus durables ne se dément pas. Y compris en non alimentaire. Mais à mesure que cette attente grandit, la tentation pour les entreprises de se " verdir " à moindre coût augmente elle aussi. C'est ce que confirme l'enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en 2023. Sur 1 317 établissements contrôlés (acteurs du non alimentaire et des services), un quart présentait des anomalies dans la communication de ses engagements environnementaux.

Des allégations vagues, non prouvées, voire illégales

Les enquêteurs ont relevé une palette de pratiques trompeuses. D'abord, les allégations globalisantes, telles que " éco-responsable ", " préserve la planète " ou " respectueux de l'environnement ", souvent utilisées sans précision ni preuve. Ces termes, jugés trop génériques, donnent une image vertueuse sans décrire d'impact concret.

Autre dérive fréquente : l'absence de justification. Certaines entreprises n'ont apporté aucune preuve d'un sourcing " local ", de leur contribution à une cause ou d'une quelconque réduction des déchets. Des mentions "éco-friendly" ou "respectueux de l'environnement" ont aussi été jugées ambiguës ou imprécises  sur un emballage de cosmétiques par exemple.

Enfin, la DGCCRF a constaté des mentions purement interdites par le Code de l'environnement ou le règlement européen. Des formules telles que " non polluant " ou " écologique " y étaient apposées alors même que les produits présentaient des risques pour la santé ou l'environnement.

Une perte de confiance évidente

Dans le détail, suite à son enquête, l'institution a dressé des sanctions administratives et pénales : 181 avertissements, 198 injonctions et 25 procès-verbaux. Leur nombre témoigne d'une banalisation du greenwashing. À force d'être galvaudées, les promesses " vertes " risquent de perdre toute crédibilité. Or, dans un contexte où la consommation responsable devient un critère d'achat, cette perte de confiance pourrait se retourner contre l'ensemble du marché, y compris les acteurs les plus sincères, comme ceux certifiés.

Vers plus de rigueur dans la communication environnementale

Les lois AGEC et Climat et résilience ont déjà posé un cadre plus strict, notamment sur l'interdiction de certaines mentions et l'obligation d'information sur les caractéristiques environnementales. La DGCCRF prévoit d'intensifier ses contrôles pour garantir une concurrence loyale entre les entreprises.

Pour les distributeurs bio, cette vigilance est une opportunité : celle de valoriser les engagements réels plutôt que les slogans. Une communication transparente, argumentée et prouvée, devient non seulement une obligation réglementaire, mais aussi un marqueur de crédibilité dans un marché de plus en plus scruté.

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