« Vos communes sont exposées » : la Maison de la Bio dégaine ses données avant les municipales
- Publié :
- Modifié :
- Auteur : Amaury Beautru
« Vos communes sont exposées. » Le message de la Maison de la Bio est volontairement sans détour et s’adresse à l’ensemble du spectre politique, alors que les dirigeants semblent se détourner du label. La fédération, qui représente 3 000 entreprises et 7 000 exploitations agricoles, a passé au crible vingt communes françaises pour mesurer leur exposition aux pesticides : qualité de l’eau du robinet, intensité d’utilisation des produits phytosanitaires sur les terres agricoles, place du bio dans les cantines scolaires. A quelques semaines des élections municipales, La Maison de la bio dégaine une campagne de sensibilisation à partir de son enquête.
Les résultats font mal en particulier à Vernon, Mâcon, Orléans ou Le Havre (voire diaporama ci dessous). D'autres, comme Pau par exemple, présentent des résultats plus contrastés. On découvre que la ville de François Bayrou est dans la moyenne sur l’intensité des traitements phytosanitaires. Elle atteint à peine l'objectif EGAlim sur les cantines ou apparait comme bonne sur la qualité de l’eau. Elle pèche en revanche sur le poids des surfaces certifiées bio parmi les hectares agricoles. La campagne montre aussi les bons élèves.
Selon une étude Ifop commandée par la Maison de la Bio, 9 Français sur 10 s’inquiètent des effets des pesticides de synthèse sur leur santé, et 80 % s’alarment de résidus à des niveaux non conformes dans leur eau. Pendant ce temps, les cantines scolaires stagnent sous la barre des 10 % de produits bio, loin des 20 % pourtant exigés par la loi EGAlim. " C'est le maire qui décide ce qu'on met dans l'assiette des enfants ", rappelle Didier Perreol, fondateur d'Ekibio et vice-président de la fédération.
Pour démontrer que le problème dépasse les clivages partisans, la fédération a délibérément sélectionné des communes associées à des personnalités de tous horizons : Le Havre, Lyon, Marseille, Strasbourg, Lille ou encore Hénin-Beaumont (liste complète en bas). « La bio n’est pas une question idéologique, c’est une question de santé publique », martèle Christophe Barnouin, vice-président de la Maison de la Bio et PDG d’Ecotone.
La campagne, qui vivra sur les réseaux sociaux et grâce aux relais dans les médias, se veut aussi un plaidoyer pour l’action. Les maires disposent de leviers concrets : augmenter la part du bio en restauration collective, soutenir la conversion des agriculteurs locaux vers l’agriculture biologique (alors que le nombre de fermes certifiées recule pour la première fois), créer des zones tampons autour des écoles ou agir sur les zones de captage d’eau.
Liste des communes analysées : Le Havre, Vernon, Tulle, Hénin-Beaumont, Lyon, Le Puy-en-Velay, Toulon, Nice, Perpignan, Angers, Amiens, Tourcoing, Orléans, Mâcon, Pau, Strasbourg, Bordeaux, Marseille, Lille, Nantes.
Affiche récapitulative
Toulon
Nice
Tourcoing
Bordeaux
Lyon
Perpignan
Tulle
Marseille
Macon
Strasbourg
Orléans
Lille
Le Puy en Velay
Le havre
Pau
Amiens
Angers
Nantes
Vernon
Affiche récapitulative
Toulon
Nice
Tourcoing
Bordeaux
Lyon
Perpignan
Tulle
Marseille
Macon
Strasbourg
Orléans
Lille
Le Puy en Velay
Le havre
Pau
Amiens
Angers
Nantes
Vernon
Mots-Clés