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Observatoire Synabio 2026 : +3,1 % de hausse des coûts et +1,6 % de revalorisation, l'équation reste impossible

Le syndicat des entreprises agroalimentaires bio publie son observatoire 2026 des négociations. Derrière la reprise du marché bio, les marges industrielles continuent de s'éroder.
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  • Auteur : Amaury Beautru
Espace Bio GMS

Le paradoxe de 2026 tient en une phrase : le marché bio repart, mais les entreprises qui le font vivre n'en voient pas encore les bénéfices. Après plusieurs années de contraction, les volumes se stabilisent en grande distribution et les circuits spécialisés confirment leur dynamisme. Pourtant, près d'un tiers des entreprises du secteur demeurent déficitaires et 16 % des producteurs envisagent encore de réduire ou d'arrêter leur activité. La reprise est là, mais elle reste suspendue à des conditions de négociation qui ne lui ont pas encore emboîté le pas.

Des chiffres qui racontent une campagne difficile

L'observatoire du Synabio, conduit auprès de 63 entreprises représentant 1,45 milliard d'euros de chiffre d'affaires, documente une campagne 2026 nettement plus tendue que la précédente. Les fournisseurs arrivent à la table avec des coûts en hausse de +3,1 % en moyenne (78 % absorbent des hausses de matières premières agricoles, 60 % des hausses sur leurs autres intrants). Ils en ressortent avec +1,6 % de revalorisation tarifaire. Le différentiel se perd dans les marges.

D'après le syndicat national des entreprises agroalimentaires biologiques, ce qui distingue 2026 de l'année précédente, c'est la brutalité de l'entrée en négociation. En 2025, 29 % des fournisseurs se voyaient opposer un refus de toute hausse dès l'ouverture. Ils sont 45 % cette année. Dans le même temps, les demandes de baisse de tarifs ont bondi de 8 % à 27 %, et les demandes de compensation de marges de 6 % à 20 %. Une entreprise sur deux estime par ailleurs qu'Egalim n'est pas pleinement respecté.

Une dégradation en circuits spécialisés

Le détail par circuit est éclairant. Les réseaux spécialisés et les grossistes bio continuent de jouer un rôle moteur : respectivement 32 % et 42 % des entreprises interrogées y enregistrent une progression de leurs assortiments, avec des niveaux de déréférencement parmi les plus faibles. Ils soutiennent davantage les revalorisations tarifaires et offrent un cadre de négociation plus favorable au développement du bio.

La grande distribution généraliste présente un profil inverse : 27 % des fournisseurs y constatent des baisses de référencement, dont 6 % de déréférencements totaux, contre seulement 15 % signalant des augmentations. Les enseignes discount concentrent les signaux les plus préoccupants (aucune hausse d'assortiment signalée, 30 % de baisses ou sorties totales, en progression de 8 points sur un an).

Le Synabio note cependant une certaine dégradation du climat de négociation dans quelques circuits spécialisés. Un constat qui avait déjà été remonté dans l'étude maison de Circuits Bio dès 2025.

Egalim, un bouclier incomplet

Le Synabio ne remet pas en cause les fondements d'Egalim, mais pointe une limite structurelle du dispositif : en protégeant la matière première agricole sans encadrer l'ensemble de la chaîne de formation du prix, la loi a reporté la pression sur la marge industrielle et les services de coopération commerciale. Les contournements se sont installés dans le paysage : remises hors cadre, pression sur le triple net, menaces de déréférencement dès l'ouverture des discussions. Le déséquilibre ne disparaît pas, il se recompose.

Cinq propositions pour changer de cadre

Face à ce constat, le Synabio formule cinq demandes concrètes. Renforcer les sanctions pour non-respect d'Egalim. Adapter le cadre juridique à la taille des fournisseurs en instaurant un tarif révisable en cours d'année. Imposer un minimum de 20 % d'offre bio par enseigne (en GMS). Instaurer un suivi transparent des taux de marge sur les produits bio ; et maintenir sans dérogation le SRP +10 (seuil de revente à perte + 10 %). Le syndicat appelle également à une réouverture rapide des négociations pour les entreprises les plus exposées aux tensions énergétiques et géopolitiques actuelles, et à la tenue d'un nouveau Comité de suivi des négociations commerciales.

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