Réemploi en cosmétiques : Cosmébio veut convaincre les consommateurs
- Publié :
- Modifié :
- Auteur : Magali MONNIER
Un chaînon manquant. « La filière du réemploi des emballages de cosmétiques est prête, il ne reste plus qu’à mobiliser davantage les consommateurs », analyse Noémie Mathis, chargée de mission réemploi packaging et RSE chez Cosmébio. L’association des professionnels du secteur dresse ce bilan suite à son expérimentation CosmNpack (financée par l’Ademe) dont les résultats viennent d’être communiqués publiquement. Le projet est clôturé depuis septembre 2024 après une phase de test d’un an. Celle-ci s’est déroulée en Auvergne-Rhône-Alpes dans plus de 70 points de collecte, dont des magasins Biocoop, La Vie Claire, Aroma Zone mais aussi dans une pharmacie et des épiceries indépendantes.
Un taux de retour de 10,1 8 % seulement
18 marques ont participé à l’opération et plus de 400 produits réemployables étaient proposés. « Nous avons sélectionné des gammes complètes de façon à avoir un effet de masse pour être davantage visibles en rayon », souligne Noémie Mathis. Des animations et PLV étaient déployées pour expliquer la démarche aux consommateurs. « Notre carte interactive pour localiser les points de collecte et disponible en scannant un QR code collé sur les emballages, a comptabilisé plus de 14 000 vues », se réjouit Noémie Mathis. Malgré tout ce dispositif, le taux de retour moyen s’établit à seulement 10,18 %. Les deux tiers des contenants retournés étant ceux des produits d’hygiène et soin du corps. Les soins visage, capillaires et huiles s’octroient le reste.
Une nouvelle étude fin ancée par Citéo
« Tant que le taux de retour de la part des consommateurs ne sera pas suffisant, le modèle ne sera pas viable pour les marques ni les laveurs », estime Noémie Mathis. Face à ce constat, Cosmébio lance une nouvelle étude financée par Citéo. L’objectif est d’analyser le comportement des clients afin de développer des solutions qui l’aideraient à retourner ses emballages, et ce, sans qu’ils ne voient ce geste comme une contrainte. Il s’agit de la théorie des « nudges ». Cette dernière est à la base de plusieurs initiatives connues, à l’instar de celle qui incite la population à prendre l’escalier plutôt que les escalators : certaines villes ont mis en place des marches sonores permettant aux passants de composer un morceau de musique.
« Nous souhaitons créer quelque chose d’innovant tout au long du parcours client , précise Noémie Mathis. Les enseignements de l’étude pourraient nous aider à envisager de multiples solutions comme repenser nos PLV en rayon, développer une application ou encore imaginer une machine de déconsignation. »
Une restitution fin ale en avril
Ce projet se déroulera en plusieurs phases. La première, l’idéation, débutera en février et permettra de dessiner des nudges en se basant sur les enseignements issus de CosmNpack. « Pour cette étape, nous souhaitons mobiliser l’ensemble des acteurs de la boucle de réemploi , souligne Noémie Mathis. Car il ne faudrait pas qu’un nudge s’avère contraignant pour un des maillons de la chaîne, que ce soit les laveurs, les distributeurs ou les marques. » Ensuite, les nudges créés seront évalués au cours d’un atelier de scoring. La restitution finale aura lieu en avril. L’idéal serait de pousser vers une phase d’expérimentation pour valider leur impact auprès des consommateurs mais celle-ci n’est pour l’instant pas financée.