Aller au contenu principal

L’Oréal, Chanel, Yves Rocher… les grandes marques de la beauté embarquent dans le réemploi

Une dizaine de grands noms de la beauté ont joint leurs efforts dans le cadre d’un projet pilote de consigne sous l’impulsion d’Arnaud Lancelot, créateur de la marque Cozie et aujourd'hui consultant pour le cabinet WDNR, et de Jules Coignard, co-fondateur de la société Circul’R. Objectif : tester le réemploi à grande échelle, dès septembre 2024.
  • Publié :
  • Modifié :
  • Auteur : Léa Lesurf
-

Arnaud Lancelot veut changer d’échelle. Le fondateur de Cozie, marque de cosmétiques bio pionnière sur la recharge en magasin bio, revendue à la société Lolybio l’an passé , vient d’annoncer la création d’un groupe de travail afin de mener une expérimentation de grande ampleur sur la consigne de produits de beauté. Son nom : Coalition Cosmétiques & Réemploi. Neuf signatures (L’Oréal, Chanel, Pierre Fabre, Laboratoires SVR, Yves Rocher, Clarins, Melvita, La Rosée ainsi qu'Aroma Zone) et deux distributeurs (Nocibé et Sephora) ont répondu à son appel.

Mutualiser les flux logistiques et les coûts

Coalition Cosmétiques & Réemploi
Autour d'Arnaud Lancelot (WDNR) et de Jules Coignard (Circul'R), la coalition Cosmétiques & Réemploi regroupe nombre de grandes marques de la beauté (Source : Linkedin).
Pour ce projet, Arnaud Lancelot s’est associé avec Jules Coignard, co-fondateur de Circul’R, une société de conseil et de formation dans l’économie circulaire. « Les pressions réglementaires [ loi AGEC en France et PPWR au niveau européen , ndlr ] mais aussi les consommateurs poussent les acteurs à aller vers le réemploi et la consigne. Le sujet est néanmoins complexe pour les marques car elles ne savent pas comment s’y prendre », assure celui qui est devenu consultant pour le cabinet WDNR (We Don’t Need Roads) afin d’accompagner les entreprises vers le réemploi. D’où l’idée de fédérer plusieurs marques afin de partager les compétences, mutualiser les flux et ainsi limiter les coûts et les risques.

Avec l’appui financier de Citéo, dans le cadre des fonds alloués au réemploi, l’expérimentation devrait donc démarrer en septembre prochain. Plusieurs dizaines de références de soins (crèmes, émulsions, huiles, etc.), parmi les best-sellers des marques citées ci-dessus, participeront à l’essai dans des points de vente à forte rotations en région, tels que des pharmacies, des parfumeries ainsi que des boutiques intégrées. Les contenants rapportés repartiront ensuite vers des centres de lavage puis renvoyés vers les sites de production pour être réemployés.

Massifier les volumes en privilégiant les best-sellers

Pour cette première expérimentation, la coalition a fait le choix dans un premier temps de conserver les packagings existants. « L’enjeu est d’avoir des gros volumes rapidement afin de tester le plus efficacement cette boucle », indique Arnaud Lancelot. Plusieurs paramètres seront évalués : l’appétence des consommateurs, le fonctionnement de la chaîne logistique, la traçabilité des flacons, la qualité de lavage, le modèle économique mais aussi environnemental. Un modèle qui sera amené à évoluer à plus long terme. « Les marques doivent garder en tête que, dans les années à venir, il faudra prévoir des adaptations sur les packagings afin d’être parfaitement réemployables, voire même de mutualiser certains emballages ». Une petite révolution dans le monde très marketé de la beauté.

Depuis l’annonce de la coalition, plusieurs autres grandes marques se sont montrées intéressées. « Notre ambition est de proposer un système complètement ouvert avec le plus grand nombre de marques et de produits. Plus nous rassemblerons d’opérateurs, plus nous serons compétitifs, plus la boucle de réemploi sera financièrement viable », affirme Arnaud Lancelot. Quitte à se rapprocher d’autres expérimentations, comme celles de Cosmébio actuellement en cours (lire encadré ci-dessous) ou d'autres démarches menées au sein de la distribution spécialisée . D’ici là, de nombreux chantiers attendent les protagonistes avant le démarrage de l’expérimentation en septembre : la mise en place d’une incitation financière pour améliorer les taux de retours, la communication sur le lieu de vente et alentours ou encore la création d’un parcours client simple et intuitif.

 

Une expérimentation parallèle à celle de Cosm’n’Pack, menée par Cosmébio
Au sein de la distribution spécialisée, l’association Cosmébio mène une expérimentation baptisée Cosm’N’Pack et soutenue par l’Ademe. Depuis un an, treize marques telles que Centifolia, Douceur Cerise, Douce Nature, Natessance et Jonzac du groupe Léa Nature, Coslys, Endro, Florame ainsi que des MDD, proposent aux consommateurs de rapporter les contenants de quelque 200 références dans 70 magasins Biocoop et La Vie Claire ainsi qu’une pharmacie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. La fin de l’expérimentation est prévue pour avril 2024.

CIRCUITS BIO est depuis 2020 le média B2B spécialiste des magasins bio. Il s’adresse aux acteurs de la distribution spécialisée bio : acheteurs en centrales, directeurs de magasins, chefs de rayon, fabricants, fournisseurs, organismes professionnels. Créés en toute indépendance par des journalistes spécialisés, les contenus proposés par CIRCUITS BIO sont diffusés en mode omnicanal : magazine bimestriel, site web éditorial, enews hebdomadaire, événements.