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Lamazuna est repris par Cosm’etika

Après plus d'un an de redressement judiciaire, l’administration a procédé à un plan de cession pour Lamazuna. La marque pionnière des cosmétiques solides intègre ainsi la société Cosm’etika qui possède la signature bio de soins et maquillages rechargeables Zao.
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  • Modifié :
  • Auteur : Magali MONNIER
-Lamazuna

Le verdict est tombé. Après plus d'un an de redressement judiciaire , l’administration a procédé à un plan de cession pour Lamazuna le 4 juin dernier. Le pionnier des cosmétiques solides rejoint ainsi la société Cosm’etika (5 M€ de CA) qui possède la marque de maquillage bio, végane et rechargeable Zao.

Lamazuna, créée il y a 14 ans par Laëtitia Van de Walle, a clôturé son exercice à 1,8 M€ de CA fin mars après avoir avoisiné 10 M€ à son apogée en 2020. L’arrivée en masse de la concurrence sur les cosmétiques solides, la crise du covid puis celle qu’a traversée la bio ces dernières années ont eu raison de la société. «  Nous n’étions pas armés pour faire face à cette concurrence puis le covid a masqué le vrai problème qui arrivait , décrit Laëtitia Van de Walle sur les réseaux sociaux. Ensuite, 400 de nos revendeurs ont fermé en France, ainsi que notre distributeur allemand avec qui nous réalisions 1 M€ de CA.  »

Zao-Sun
La signature Zao est reconnaissable avec ses packagings en bambou. Les nouvelles crèmes solaires sorties en avril possèdent ainsi un bouchon en bambou.
25 à 30 % du CA de Cosm’etika en réseau bio

«  Lamazuna étant principalement présente sur le marché de l’hygiène et du capillaire, sa reprise permet de créer un complément de gamme cohérent avec notre offre » , commente David Reccole, directeur général de Cosm’etika. Depuis septembre 2023, la signature de maquillage se diversifie avec le lancement de soins pour le visage et de crèmes solaires.

Ce rapprochement entre les deux entités est d’autant plus pertinent qu’elles possèdent déjà une majorité de clients communs. L’entreprise de maquillage, née en 2012 et basée dans la Drôme (à seulement une douzaine de kilomètres de l’ancien siège de Lamazuna), réalise en effet 25 à 30 % de son chiffre d’affaires sur le réseau spécialisé bio et les enseignes de vrac. Le reste étant principalement dédié aux instituts de beauté. Zao est présente chez Satoriz, Marcel & fils, So.bio, Les Comptoirs de la bio, Mybioshop ou encore Léopold. Le dirigeant compte ainsi créer des synergies entre ses deux signatures en élargissant leur distribution. «  Les commandes des deux marques partiront d’un seul endroit , précise David Reccole. Lamazuna va bénéficier de notre système logistique et de gestion de commandes ainsi que de notre force de vente composée d’une trentaine de commerciaux.  »

Zao-meuble
Ce meuble présente la gamme de maquillage bio, végane et rechargeable de Zao au sein du magasin Marcel & fils de Lattes (34). En bas du meuble, un espace est dédié pour le retour des recharges. Celles-ci sont ensuite collectées et triées par Cosm'etika pour leur donner une seconde vie auprès d'acteurs locaux.
Côté production, la majorité des partenariats avec les fabricants actuels de Lamazuna sont maintenus. La sous-traitance étant aussi l’option retenue par Cosm’etika pour sa propre marque au travers de partenaires près de Montpellier et en Italie. Tous les produits de la société, y compris Lamazuna, sont ensuite conditionnés à Châteauneuf-sur-Isère (26) par les 17 travailleurs en situation de handicap de la société Fabrik Etik, créée en 2016 par David Reccole et ses associés.

La gamme pour la maison de Lamazuna est arrêtée

«  La gamme d’hygiène de Lamazuna ne sera pas modifiée, ou seulement à la marge pour optimiser quelques références , ajoute David Reccole. La marque garde sa propre identité, nous souhaitons rester dans la continuité de ce qui a été construit. » Néanmoins, ses produits pour l’univers de la maison seront arrêtés. De plus, sa signature de soins lavants dédiée aux adolescents (Kisupu), celle distribuée en GMS (The Green Emporium), ainsi que « l’Ecolieu », le siège de Lamazuna à Marches (26), restent entre les mains du liquidateur judiciaire.

Trois salariés de Lamazuna ont rejoint les équipes de Cosm’etika composées désormais d’une trentaine de collaborateurs. Evincée de l’entreprise qu’elle a créée, Laëtitia Van de Walle regrette la décision du tribunal de ne pas retenir l’option qui préservait son poste. «  Le tribunal avait le choix entre deux offres : un professionnel du secteur qui reprend trois emplois et qui propose 60k€ ou un conglomérat de cinq entrepreneurs locaux qui reprennent six emplois, dont le mien, et qui proposent 100k€ , explique-t-elle sur les réseaux sociaux. [Je ne comprends pas la décision] du tribunal qui est censé être en défense de l’emploi et en faveur du remboursement des créanciers.  » L’entrepreneuse engagée semble malgré tout décidé à se lancer dans un nouveau projet.

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