Quatre infos sur Accord Bio glanées lors de son salon fournisseurs
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- Auteur : Amaury Beautru
Le bilan du salon
Pour l’année prochaine, le groupement d’indépendants envisage de délocaliser son événement en province et a déjà acté un décalage à juin. « La date d’avril n’est pas idéale car elle vient à la suite d’une longue période de négociations, puis de la célébration de nos 25 ans , justifie Eric Natali, le président d’Accord Bio. Reporter à juin sera plus confortable. » Le groupement réfléchit encore au lieu. Une implantation à Montpellier se dessine, sous l’impulsion du bureau, mais des villes comme Lyon ou possiblement Rennes sont à l'étude. Un sondage auprès des membres est prévu dans les semaines à venir.
Le débrief de l’anniversaire
L’année prochaine, le réseau portera une plus grande attention à la sélection de son offre. « Nous avions par exemple deux purées de cacahuètes ou deux yaourts au lait de vache , précise Eric Natali. Ce n’était pas justifié. Certains magasins ont également regretté une offre trop faible sur les produits de bien-être et de santé. Nous y remédierons l'édition prochaine. » Pour 2026, le réseau prévoit de reconduire une action nationale, en mars sur 15 jours, complémentaire à celles locales le reste de l’année; mais ne la baptisera plus « anniversaire ».
Une course à l’armement
« Pour peser, il faut atteindre une taille critique et adopter une prise de parole commune , estime Eric Natali. Dans le contexte que nous traversons, un magasin isolé ne pourra pas résister longtemps. » Même s’il tient à l’indépendance de ses adhérents et à leur identité propre, le président nommé il y a un an s’active sur le ralliement de points de vente et sur une visibilité auprès du grand public. Les campagnes de communication amorcées l’an passé ont été renouvelées. Accord Bio sponsorisera l’émission télévisée Silence ça pousse pour deux vagues cette année. « À terme, c’est-à-dire d’ici 2027, nous visons 300 adhérents, confie le président. Nous devrions être à 250 dès cette fin d’année. » L’objectif, peser dans les négociations avec les fournisseurs.
Pour le dernier exercice, celui de 2024, Accord Bio a reversé 35 % de remises de fin d’année supplémentaires à ses membres par rapport à l’année précédente. « Elles s’étalaient de 21 000 € à 1,50 € suivant les magasins en fonction de leur volume d’affaires », pointe Eric Natali.
Un accompagnement pour les porteurs de projets
Parmi ses adhérents, Accord Bio compte une petite quinzaine de gérants sur le départ. Pas pour changer de crémerie, mais pour céder leur activité. « J’en fais partie , glisse son président. Je sais que d’ici quelques années je devrai transmettre mon magasin. Tous sont largement viables avec de bons résultats. » Or la difficulté aujourd’hui consiste à trouver les financements. Les banques reprennent peu à peu confiance dans le marché. Sur ce point, Accord Bio ne pourra pas y faire grand-chose. Mais le réseau prévoit de mettre en place un accompagnement à la reprise, avec une aide sur la constitution des assortiments par exemple, ou des immersions en magasins pour découvrir le métier. « Le tout sera gratuit, quand Biocoop réclame des milliers d’euros , compare Eric Natali. Nous pensons qu’en quatre à cinq mois un repreneur peut être formé. »
Une invitée surprise
Pour son assemblée générale du 14 avril, Accord Bio avait sollicité l’intervention de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Faisant jouer ses relations et en interpelant la politicienne sur les mesures récentes prises pour la bio, Eric Natali n’a toutefois pas pu faire coïncider les agendas. Il a dû se contenter d’un message vidéo enregistré. Alors que l’intelligence artificielle générative devient bluffante et accessible à tous, on aurait pu croire à un fake, mais non. « Accord Bio n’a pas fini de surprendre , assure le président. Notamment à Natexpo cette fin d’année. »
Le message d’Annie Genevard, aux adhérents Accord Bio.