NOUS anti-gaspi affirme ses ambitions
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- Auteur : Erwan Le Fur
Haro sur le gaspillage. Ecouler les invendus, c’est bien, développer la marque propre pour minimiser les pertes à la source, c’est mieux. Voilà en bref, résumé le fil conducteur qui anime Charles Lottmann co-fondateur de NOUS anti-gaspi. Lancée il y a deux ans, la marque propre de l’enseigne comprend aujourd’hui environ 125 références dont une quinzaine sont estampillées AB. Elle croît chaque année à raison d’une cinquantaine d’unités.
« Voilà cinq ans qu’on rachète des produits invendus destinés à la poubelle ou à l’alimentation animale , détaille l’entrepreneur. On souhaite aujourd’hui développer un autre axe de collaboration pour identifier en partenariat avec les industriels quels sont leurs gisements de pertes et comment valoriser au mieux leurs matières via notre marque propre ».
Agir sur les causes structurelles
Quitte à faire quelque compromis sur la bonne présentation des produits. Le positionnement anti-gaspi de la signature lui confère de fait la possibilité de proposer, sans risques de braquer ses consommateurs, des séries moins standardisées qu’en circuit classique, avec éventuellement de petits défauts visuels ou encore une date de durée minimale (DDM) proche, voire échue.
« Ecouler des invendus est utile mais ne résout pas le problème du gaspillage qui continuera de perdurer si rien n’est fait pour agir sur ses causes structurelles. On gère l’urgence, autrement dit, mais on ne règle rien ». Charles Lottmann souhaite passer à la vitesse supérieure. Dans son viseur : la valorisation des pertes en production (surstocks de matière, produits déclassés pour de petits défauts et co-produits), l’assouplissement des cahiers des charges auxquels les industriels sont soumis ou encore une remise à plat des contrats date.
Ces contrats qui garantissent aux distributeurs un délai fixé, variable selon les produits, entre la livraison en entrepôt et la DDM imposent trop de rigidité, selon Charles Lottmann et génèrent un gaspillage important. D’où l’intérêt d’activer ce levier. Rappelons que les produits d’épicerie peuvent être consommés – dans le respect de la réglementation – bien après cette échéance, sans risque pour la santé.
Reste encore à embarquer les acteurs
Début octobre, l’entrepreneur a été invité à l’Assemblée générale du Synabio. L’occasion de présenter son projet à de nombreux fournisseurs du circuit spécialisé également présents lors de cet événement. « Le concept a clairement intéressé les acteurs auxquels j’en ai parlé. J’ai depuis eu plusieurs contacts avec des fabricants dont les produits sont distribués dans les magasins bio et conventionnels ». Affaire à suivre.
La marque propre de NOUS anti-gaspi fait par ailleurs l’objet d’un test chez Carrefour depuis un an. Une poignée de références sont concernées. L’enseigne se laisse encore le temps d’évaluer la perception de ses consommateurs vis-à-vis de cette offre. Réservée à l’origine aux magasins d’Île-de-France, l’expérimentation vient toutefois d’être déployée au national. Comme quoi, l’idée fait son chemin aussi bien chez les fabricants que chez les distributeurs.