Les mauvaises conditions climatiques affectent les récoltes d'olive dans les pays producteurs du pourtour méditerranéen provoquant une forte inflation des prix. Plus résilient, le réseau spécialisé n'en demeure pas moins affecté.
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Auteur : Erwan Le Fur
L’huile d’olive pèse près de 45 % des ventes du rayon en magasin bio selon Biotopia Insight.
Grèce, Espagne, Tunisie, Maroc, Italie… La production d’olives dans les pays du pourtour méditerranéen s’annonce particulièrement pauvre cette année du fait des aléas climatiques. « En Grèce, elle devrait être de 30 à 40 % inférieure aux volumes produits lors de la campagne précédente », rapporte Guillaume Jourdain directeur communication et marketing chez Emile Noël. La situation n’est guère plus reluisante en Espagne, premier producteur mondial d’huile d’olive, où la production devrait passer de 673 000 tonnes l’année dernière à 850 000 tonnes sur la récolte à venir. « Ce qui reste encore très au-dessous des 1,4 million de tonnes produites une année normale », estime Teresa Perez, directrice de l’interprofessionnelle de l’huile d’olive espagnole, citée par nos confrères du Monde.
Le réseau bio à l’épreuve de sa résilience
Le contexte est d’autant plus tendu que les stocks actuels sont faibles en raison d’une campagne l’année dernière, elle aussi chahutée par les dérèglements du climat. D’où une tension forte sur les prix. « Les acteurs qui fonctionnent hors contrat ou en achat spot font face à des tarifs qui ont bondi jusqu’à 50 % depuis fin août », poursuit Guillaume Jourdain. Le phénomène opère aussi dans le réseau bio. « Certaines marques ont déjà répercuté ces augmentations aux consommateurs ».
Le circuit spécialisé reste toutefois préservé par rapport au conventionnel du fait de la mise en place de filières et de partenariats qui garantissent plus de stabilité dans la chaîne de valeur. « On s’est engagé en début d’année à ne pas augmenter nos prix et on s’y est tenu , rappelle ainsi le directeur marketing. Nos prix vont augmenter en 2024 mais sans commune mesure avec ce qu’on a pu observer depuis la fin de l'été ».
Avec comme conséquences probables un report des achats vers l’huile de tournesol ou de colza, une tendance déjà amorcée depuis deux ans. Et pourquoi pas, le développement d’une offre grand format pour activer le levier du prix au litre ou au contraire de plus petites contenances (500 ou 750 ml) pour abaisser le prix facial. Une chose est certaine : la situation est partie pour durer.