2025 sera-t-elle l’année du décollage pour le Green Impact Index ?
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- Auteur : Amaury Beautru
Les acteurs du marché, au même titre que tous les secteurs de la consommation, sont priés par les pouvoirs publics de mettre en place un indicateur pour mieux informer les Français sur leurs achats. A l’image du Planet-Score ou son concurrent le Green-Score (ex Eco-Score) sur l’alimentaire.
Le secteur de la cosmétique fait partie des proactifs. Ici aussi, deux écoles s’opposent. L’EcoBeautyScore (EBS), mené par 70 industriels de gros calibres (Chanel, L’Oréal, Beiersdorf, Unilever, etc.) et le Green Impact Index (GII), la solution plus abordable techniquement et financièrement, et donc a priori plus adaptée aux acteurs de la bio.
Ce dernier est à l’initiative du groupe Pierre Fabre, lequel a développé une méthode de travail depuis perfectionnée avec le concours d’une vingtaine d’autres acteurs réunis en consortium. Parmi eux on retrouve, pour les acteurs de la bio, Léa Nature, Ladrôme Laboratoire, Green Family (Love & Green), mais aussi Aroma-Zone. « Une vingtaine d’autres demandes sérieuses et pas forcément présentes en bio sont en cours », calcule Delphine Proesmans, responsable valorisation de Green Mission, l’entité qui porte la RSE chez Pierre Fabre. Des noms comme Laboratoire Cattier ou Biocoop, sont venus frapper à la porte.
Un e lourdeur administrative qui décourage
Après deux années de structuration pour établir le cahier des charges de cette « pré norme » avec l’Afnor et autant pour se mettre en ordre de marche, le Green Impact Index émerge cette année. « Les adhérents au consortium s’engagent à communiquer sur leurs notes au plus tard au bout de deux ans », explique Delphine Proesmans. Les premiers engagés arrivent à cette échéance, dont Léa Nature qui a partagé ses scores sur Natessance et Jonzac. D’une grille d’évaluation composée de 50 critères environ (à 80 % environnementaux et 20 % sociétaux) émerge une note sur 100, ensuite convertie en lettre (de A à E). « Nous avons scoré 40 de nos produits et en visons à peine 100 d’ici la fin de l’année, sur un total de 1000 à analyser , explique Michele Simonneau, directrice innovation et R&D chez Léa Nature. Cela nécessite du temps, car il faut aller chercher les informations chez nos fournisseurs. » Une lourdeur administrative – pourtant plus accessible que la méthode de l’analyse du cycle de vie retenue par l’EcoBeautyScore qui refroidit beaucoup d’opérateurs, a fortiori dans la bio. D’autant que pour l’instant rien ne les y oblige.
Cosmébio quitte l'EcoBeautyScore
« Tant que rien n’est imposé, les entreprises vont attendre le dernier moment », estime Nicolas Bertrand, délégué général de Cosmébio. Il faut dire qu’au moment de statuer sur le scoring des cosmétiques, l’Etat pourrait tout à fait venir y mettre son grain de sel. Plusieurs scénarios sont envisageables : faire coexister les deux forces en présence (GII et EBS), n’en retenir qu’un, ou proposer sa propre version. Soit une chance sur deux d’avoir travaillé pour rien pour les pionniers.
« Nous sommes rentrés dans les deux initiatives pour faire reconnaître le bio dans le cahier des charges , explique Nicolas Bertrand. Dans certains cas, les produits labélisés peuvent être défavorisés, comme dans la méthode ACV. » Cosmébio a d’ailleurs fait le choix de ne rester qu’au consortium du GII et vient de se retirer de l’EBS.
Pas de communication on-pack
Dans le cas du GII, l’aspect financier n’explique par le démarrage lent. Se procurer la méthodologie coûte 300 € et l’adhésion au consortium se calcule au prorata du chiffre d’affaires (entre 1000 et 20 000 euros par an). Mais l’autre raison d’un démarrage lent est probablement l’absence d’une communication, notamment grand public. Le consortium n'impose pas l’affichage « on pack » (contrainte d’actualisation, de coût), surtout pour éviter le gaspillage d’emballages qui ne seraient plus à jour. Reste alors les solutions de communication en magasin, sur internet, dans les médias ou via un QR Code. Pierre Fabre a décidé de parler du score sur les réseaux de distribution où il est présent au second semestre. Pour la majorité des autres acteurs, le dispositif n’en est qu’aux prémices de son déploiement. Bien qu’il soit plus avancé que l’EBS, il reste néanmoins à l’état embryonnaire.