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Biocoop et ses partenaires prêts à passer à l'échelle sur le réemploi

Accompagné de ses partenaires, comme l’opérateur de collecte et lavage Haut la Consigne ou la Brasserie Moulins d’Ascq, Biocoop a retracé une boucle de réemploi des bouteilles dans la région de Lille (59) lors d’une journée dédiée à la presse. L’occasion de rappeler que l’heure est à la massification pour déployer plus largement le réemploi. Reportage.
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  • Modifié :
  • Auteur : Magali MONNIER
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Philippe Bernard (à gauche), directeur de l’offre et des achats, Franck Poncet (au centre), directeur général, et Ronan Lafrogne (à droite), directeur RSE de Biocoop, ont annoncé que l’enseigne avait collecté 480 tonnes de verre en vue de leur réemploi depuis 2020.

Dans les starting-blocks. Biocoop, les opérateurs de collecte et lavage, les partenaires comme Citéo ou Réseau Vrac et Réemploi, tous sont impatients de faire décoller la filière de réemploi des contenants. L’heure est désormais à la massification. C’est le message véhiculé lors d’une journée organisée par Biocoop le 6 février et qui retraçait la boucle « parfaite » de réemploi des bouteilles en verre dans la région de Lille (59). La brasserie Moulins d’Ascq commercialise ses bières en flacons réemployables chez Biocoop Saveurs et Saisons à Villeneuve d’Ascq. Les consommateurs y rapportent les contenants vides qui seront collectés puis lavés par Haut la Consigne basé à une vingtaine de kilomètres du magasin. Puis l’opérateur renvoie des bouteilles lavées à la brasserie qui leur donnera une seconde vie (visionner la vidéo ci-dessous qui retrace le parcours en moins de deux minutes).

Plusieurs boucles similaires existent dans l’Hexagone. Mais, pour passer à l’échelle et déployer le réemploi au niveau national, il reste quelques défis à relever : augmenter le nombre de points de collecte, élargir l’offre réemployable et accompagner les consommateurs.

100 % des magasins Biocoop en points de collecte en 2025

Sur le premier point, Biocoop vise 100 % de son parc en point de collecte cette année, soit 740 commerces. À date, le distributeur en compte 600. «  Nous représentons 40 % des magasins points de collecte, toutes enseignes confondues  », se félicite Franck Poncet, directeur général de Biocoop. Pour augmenter ce nombre, un des points bloquants porte sur la présence d’opérateurs de collecte et lavage dans les régions concernées. Ils sont quinze aujourd’hui en France.

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L'opérateur de collecte et lavage Haut la Consigne créé en 2020 dispose de sa propre ligne automatisée de lavage depuis juin 2023.
Haut la Consigne, créée en 2020, endosse ce rôle dans les Hauts-de-France. Son champ d’action s’est élargi à l’Île-de-France et prochainement au Grand Est. L’entité compte 180 points de collecte, distributeurs et fournisseurs (pour leurs rebuts de production). Depuis juin 2023, elle dispose de «  la première ligne automatisée de lavage industriel en France  », selon Florence Duriez, cofondatrice de Haut la Consigne. L’an passé, 1,6 million de contenants ont été lavés, dont plus de 80 % de bouteilles. Cette année, elle vise 3 millions... Pour une capacité totale de 30 millions. «  Certaines étapes, comme le tri des emballages collectés, sont encore réalisées manuellement , explique Florence Duriez. Nous avons besoin de davantage de volumes pour automatiser.  »

Des problèmes liées aux étiquettes qui partent mal

Même problématique concernant le coût des bouteilles lavées. La massification aidera à faire baisser le prix de revente aux industriels. Pour l’instant, ce tarif avoisine celui du neuf, selon Alban Decoster, dirigeant de la brasserie Moulins d’Ascq. Depuis 2019, celle-ci dispose de flacons réemployables sur la totalité de sa gamme de bières, soit l’équivalent de 13 500 hectolitres. En 2024, le brasseur a acheté 50 000 bouteilles lavées à Haut la Consigne, ce qui représente seulement 3,5 % de sa production. «  D’un point de vue logistique, cela n’implique aucune contrainte puisque nous recevons des palettes de bouteilles lavées identiques à celles de contenants neufs  », précise Alban Decoster. Les flacons utilisés étaient déjà certifiés réemployables par le verrier. L’entreprise a surtout travaillé sur des étiquettes et une colle compatibles avec le lavage. «  La majorité des problèmes que nous rencontrons aujourd’hui sont liés aux étiquettes qui partent mal  », abonde Florence Duriez. Les opérateurs régionaux jouent aussi un rôle de conseiller en accompagnant les industriels dans l’optimisation de leur offre afin qu’elle soit apte au réemploi.

Un taux de retour moyen de 50 % chez Biocoop

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A l'extérieur du magasin Biocoop Saveurs et Nature de Villeneuve d'Ascq, les consommateurs sont invités à déposer dans ce palox leur bouteille de bière en verre 75 cl vide, quelle que soit la marque et le lieu d'achat initial. Les autres formats sont à déposer dans des casiers entreposés à l'entrée du point de vente.
Biocoop incite fortement ses fournisseurs à développer ce type d’offre. «  Pour un produit équivalent, nous référençons en priorité celui en contenant réemployable , précise Philippe Bernard, directeur de l’offre et des achats de Biocoop. Il faut réussir à élargir la palette de produits aptes au réemploi.  » À date, le leader de la bio en compte plus de 130, dont environ 40 % de vins. 10 % des références proposées sont signées de la marque du distributeur.

Le leader de la bio annonce avoir collecter 480 tonnes de verre en vue de leur réemploi depuis 2020. Le taux de retour moyen atteint 50 %, dont certains magasins à 90 %. Saveurs et Saisons collecte 10 000 contenants par an et se place parmi les meilleurs élèves du réseau. Le point de vente a mis en place une signalétique et toute une logistique pour collecter les emballages vides. «  Notre plus grosse problématique consiste à accompagner le changement chez nos consommateurs  », témoigne Harold Tiberghien, responsable de Biocoop Saveurs et Saisons. À l’extérieur du magasin, un palox est disponible pour que le client y dépose ses bouteilles de bière de 75 cl (voir photo), toutes marques confondues tant qu’elles disposent du logo du réemploi. Le magasin ne pratiquant pas la consigne monétaire. Pour les autres formats, des caisses sont installées à l’entrée du point de vente. Christelle, salariée du magasin, passe 30 min à 1 h par semaine à trier les bouteilles. Au total, une trentaine de casiers sont entreposés. «  Cela nécessite un espace de stockage important , avoue Christelle. À date, Haut la Consigne les récupère toutes les 3 à 4 semaines. Mais plus le réemploi sera déployé, plus les collectes pourront être fréquentes.  »

Retracez en moins de deux minutes la boucle de réemploi pour une bouteille de bière de la brasserie Moulins d'Ascq commercialisée chez Biocoop Saveurs et Saisons à Villeneuve d'Ascq puis collectée et lavée par Haut la Consigne.

 

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