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Les produits solaires bio suspendus à la météo

Les ventes de produits solaires viennent de vivre deux saisons difficiles en particulier sur le réseau des spécialistes bio et les GMS, alors que les pharmacies tirent leur épingle du jeu.
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  • Auteur : AB
Lait solaire
Les stocks de produits solaires restants de la saison 2024 sont encore importants ce printemps.
L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud. La chanson d’Eric Charden s’appliquera forcément cette année au marché des crèmes solaires, au propre ou au figuré. Dans le premier cas, si les prévisions météo à date pour la période estivale (qui valent ce qu’elles valent) se révèlent justes, les températures de juillet et août seront élevées en France après un démarrage instable en juin.

Donc des conditions favorables aux ventes de protections UV. Si en revanche le ciel s’avère aussi couvert qu’il l’a été en 2024, ou même l’année d’avant, ce sera une troisième saison douloureuse pour les acteurs du marché, fournisseurs comme distributeurs. Peu de chance en revanche de revivre la situation de 2024, laquelle a pâti d’un déficit d’ensoleillement jamais vu depuis 30 ans.

- 21 % en magasins bio

En réseau bio, le marché avait ainsi perdu 21 % de chiffre d’affaires l’année dernière, s’élevant à 2 M€ (source : panel distributeurs). C’est mieux que la GMS, à - 40 % pour 512 K€ en bio uniquement selon Circana, mais moins bien que les pharmacies, où le marché a progressé de 9,6 % à 205 M€ (conventionnel + bio) d’après OpenHealth Company.« On attribue cette performance à une certaine désaisonnalisation dans l’usage des produits solaires, elle-même liée à une prise de conscience de la peau en tant que barrière avec l’extérieur », estime Antonin Le Masle, business analyst du panéliste.

« En 2024, le bio a été boudé au profit du conventionnel et des marques phares non bio du circuit des pharmacies », analyse Eddy Quenet, directeur des ventes réseau spécialisé de Léa Nature (marque Bioregena). La baisse des assortiments en magasins bio n’y est probablement pas pour rien. « C’est le chien qui se mord la queue, réagit Damien Sineau, fondateur d’Alphanova. Plusieurs distributeurs bio se contentent aujourd’hui de deux marques en rayon, quand on en trouve sept voire neuf en pharmacie. »

De s stocks importants

Pour la première fois depuis sa création, la gamme à l’urucum de Guayapi a vu ses ventes reculer. Considéré par certains comme l’Oenobiol bio, ce pigment issu d’une plante amazonienne vendu en poudre, gélule ou huile solaire, permettrait de préparer la peau pour une exposition au soleil. « Ce coup d’arrêt est imputable à l’essor de la concurrence comme à la météo, mais celle-ci devrait être le cadet de nos soucis , estime Bastien Beaufort, le directeur de Guayapi. Le réchauffement climatique est la vraie menace et joue sur les rendements des plantes, avec une récolte qui baisse de - 30 à - 40 % en 2024. »

En magasin bio ce printemps, « le niveau de stock de produits solaires de l’année dernière est important », observe Perrine Meunier, responsable marketing et communication chez Comptoir des Lys (Nature et Stratégie). En témoignent les nombreux présentoirs chargés de crèmes stickées de remises. « Cela n’empêche pas que les premiers engagements pour 2025 soient bons », ajoute le fournisseur qui a repris la marque Acorelle l’été dernier. Celle-ci profite de fait cette année d’une force de vente musclée. Pour faciliter la mise en avant, le fabricant a développé deux petits présentoirs, l’un mixant solutions solaires et soins, l’autre d’une capacité de seulement 18 articles, pour les petites surfaces.

Un n ouvel acteur en 2025

Pour aller chercher les clients du conventionnel, Alphanova en reprend ses codes esthétiques, de mise en avant, et compresse ses prix. « Le bio 30 à 40 % plus cher, ce n’est plus possible », explique son dirigeant, également président de Cosmébio. Sa jeune marque Daily Sun, souvent non labélisée mais référencée chez certains distributeurs bio, rencontre un franc succès alors que sa signature historique Organic Sun est en recul sur le réseau. Cela ne l’empêche pas d’innover cette année au travers d’une BB cream teintée beige en stick SPF 50 (PMC : 15,90 € les 15 ml). Ainsi que deux huiles : après solaire sèche « paradisiaque » et « scintillante». A sa marque Daily Sun, le fabricant ajoute trois solutions dont une huile après solaire pailletée rose bio et deux non certifiées : une huile scintillante SPF50 et une crème visage SPF50+.
2025 verra également apparaitre un nouvel acteur sur le marché. Lamazuna lancera sa première protection solaire en 2025. « Notre stick rechargeable sans plastique sera prêt pour l’hiver », glisse David Reccole, directeur général de Cosmétika, repreneur de la marque en 2024. L’innovation viendra ainsi en frontal avec l’offre de Comme Avant, laquelle entre chez Biocoop ce printemps.

crème solaire Alphanova
Alphanova lance six nouveautés sur ses gammes Organic Sun et Daily Sun. Lavera propose deux innovations.

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