La pomme : un fruit à choyer dans vos rayons fruits et légumes
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- Auteur : Amaury Beautru
88,2 % des ménages français ont acheté des pommes au cours de l'année 2024. À part la banane, aucun autre fruit n'atteint ce score d'après Worldpanel by Numerator. Une bonne raison pour le chouchouter en rayon. Le fruit défendu compte même pour 15,5 % des quantités de fruits achetées par les Français, tous circuits confondus d'après le même panéliste, et 11,5 % de leurs dépenses. Sur ce critère, la pomme fait mieux que la banane. C'est donc le premier fruit en CA.
La pomme compte pour 15,5 % des quantités de fruits achetées par les Français et capte 11,5 % des dépenses de la catégorie.
En moyenne, un ménage français passe à la caisse avec des pommes 11 fois par an. Particularité de la pomme face à son principal concurrent, la diversité de son offre. Quand la banane peut compter sur la cavendish seulement (voire la plantain et la frecinette pour les magasins les plus pointus), on dénombre pour la pomme une trentaine de variétés usuelles et plusieurs milliers cultivées dans le monde.
Parce qu'elle est l'un des fruits qui restent le plus longtemps sur l'arbre avant d'atteindre la maturité, la pomme est aussi, en conventionnel, parmi ceux qui reçoivent le plus de traitements phytosanitaires. Un argument de taille pour faire venir les consommateurs dans vos étals. Avec 15 kg de pommes achetés en moyenne par foyer en France, autant qu'elles soient exemptes de pesticides et autres produits néfastes pour la santé et la planète. D'autant que sa peau, plus fine que celle de la banane ou que l'écorce des agrumes, constitue une barrière moins efficace contre les ravageurs, et l'absorption de substances chimiques. Pourtant, ces arguments n'ont convaincu que 17 % environ des ménages français à souscrire au label AB pour la pomme.
En contrepartie d'une conduite en bio, et du fait d'une densité de plantation inférieure, les rendements certifiés AB sont de l'ordre de 30 % inférieurs pour les agriculteurs. Ce qui correspond à l'écart de prix moyen au kilo observé entre les deux modes de culture.
Les variétés modernes résistent mieux
En France, moins de 18 % des vergers de pommes sont labélisés bio. C'est à la fois peu, mais aussi trop par rapport à la demande. Depuis 2019, la filière cherche un équilibre. La saison 2024 n'a pas échappé à la règle. Les metteurs en marché ont dû déclassé une partie de la production, c'est-à-dire vendre au prix du conventionnel, des pommes qui ont coûté 30 % plus cher à produire. « Depuis deux ans, le taux de conversion ralentit et à l'inverse on observe des déconversions, voire des arrachages », note Vincent Guérin, en charge des affaires économiques de l'Association nationale pommes poires (ANPP), laquelle fédère des groupements de pomiculteurs responsables d'environ la moitié des volumes de pommes bio françaises. Les variétés historiques, type golden ou gala, qui sont moins aptes à une conduite en bio souffrent davantage. À l'inverse, les derniers développements, sélectionnés pour leur meilleure résistance aux ravageurs, parviennent à se maintenir. « Sur la Swing.bio, nous avons atteint notre vitesse de croisière, explique Benoît Carreau, directeur commercial et pomiculteur chez Gerfruit. « Sur Juliet, les dernières plantations ont eu lieu il y a deux ans, se rappelle Pierre Gratacos, directeur général de Cardell Export, unique metteur en marché de cette pomme exclusivement bio, laquelle représente 10 % des volumes de pommes AB. Au-delà de la variété, c'est aussi l'année de plantation du verger qui joue sur la rentabilité d'une exploitation, car par le passé, les densités des vergers à la mise en terre étaient inférieures. »
Attention à la conservation de la récolte 2025
Pour la récolte 2025, les volumes disponibles s'annoncent alignés avec ceux de la campagne précédente. « La météo de cette année donne des fruits avec un taux de sucre supérieur, ce qui implique un gustatif amélioré, mais des qualités de conservations moindres », explique Vincent Guérin. Dans l'ensemble, la qualité sera au rendez-vous. L'association n'a observé aucun dégât sanitaire à l'échelle nationale et remonte peu de sinistres locaux, liés à la pression des pucerons qui brident le grossissement du fruit, le rendant invendable.