Comprendre le miel bio pour mieux le vendre
- Publié :
- Modifié :
- Auteur : Magali Monnier
« Le miel est fabriqué par les abeilles, c'est donc forcément bio. » « C'est impossible de garantir que l'abeille n'a pas butiné des fleurs traitées aux pesticides. » Pour faire face aux idées reçues et interrogations, Circuits Bio revient sur les principales différences entre miel bio et conventionnel.
L'une des plus importantes concerne la zone de butinage. Elle est définie par un rayon de trois kilomètres autour des ruchers. « Une abeille peut voler jusqu'à cinq kilomètres, mais l'aire a été fixée ainsi car cet insecte recherche l'efficacité avant tout et butine en général au plus près », explique Jean-François Chauvel, apiculteur associé au Gaec Miels du pays de Châteaubriant (44). Cette zone doit comprendre au moins 50 % de cultures bio, espaces naturels (forêts, etc.) ou prairies. Y compris conventionnelles pour ces dernières. « Mais si d'une année sur l'autre l'agriculteur bascule sa prairie en culture non bio, cela complique notre travail, regrette Jean-François Chauvel. Nous nous en rendons compte seulement au printemps lorsque les fleurs éclosent et devons rapidement déplacer nos ruches pour éviter le déclassement. »
Des pesticides dans la cire
« Il est rare de trouver des pesticides dans le miel, même conventionnel, car les abeilles font office de filtre. Par contre, on peut y retrouver de l'amitraz », alerte Jean-François Chauvel. Ce produit chimique potentiellement cancérigène est contenu dans un médicament largement utilisé en conventionnel pour lutter contre le varroa, un acarien qui parasite les ruches. On y implante donc en leur centre des bandelettes imprégnées de ce produit. L'agriculture bio n'autorise que les traitements naturels, en l'occurrence ici, des acides organiques. « Ce n'est pas totalement inoffensif non plus, mais ce sont des molécules que l'on retrouve dans la nature », nuance Jean-François Chauvel. Les antibiotiques sont aussi proscrits en bio.
Si le miel ne contient pas de pesticides, la cire, elle, absorbe les polluants. Située au cœur de la ruche, elle y joue plusieurs rôles clés. Elle participe par exemple au renouvellement de la ruche en servant de support pour le couvain (amas d'œufs). La cire permet aussi de sceller les alvéoles renfermant du miel pour le conserver. Celle placée initialement dans les cadres par l'apiculteur doit nécessairement être bio pour respecter le cahier des charges AB.
La quantité de sucre ingérée par l'abeille va influer sur la qualité du miel
En apiculture biologique, le nourrissement des abeilles avec du sucre ou du miel n'est autorisé qu'en cas de disette uniquement. En conventionnel, cette pratique est régulièrement utilisée de façon à booster la production. « La quantité de sucre ingérée va influer sur la qualité du miel avec un risque de le frelater et d'en retrouver dans le produit fini », souligne l'éleveur d'abeilles.
Enfin, en miellerie, plusieurs exigences doivent être respectées pour garantir la certification bio et aussi éviter de dénaturer le produit. L'extraction du miel doit être réalisée mécaniquement et à froid. L'étape de malaxage, qui permet de rendre fluide le miel qui cristallise naturellement, doit être effectuée sous le seuil de 40 °C. « Pour dénicher un produit de qualité, les consommateurs ont plus de chance de le trouver en bio qu'en conventionnel », résume Jean-François Chauvel.
Ce dernier a opté pour une production encore plus exigeante que le label AB : la certification Nature & Progrès. Celle-ci est plus stricte sur certains critères comme le nourrissement ou la manière d'élever les reines afin de se rapprocher au plus près du cycle naturel des abeilles.
Le Gaec Miels du pays de Châteaubriant (44) possède près de 400 ruches réparties sur une trentaine d'emplacement. Pour favoriser le cycle naturel des abeilles, les apiculteurs ne surchargent pas les ruchers (10 à 15 ruches) pour éviter la concurrence entre abeilles pour se nourrir.
Une ruche accueille une colonie de 50 000 abeilles (jusqu'à 70 000 en mai-juin) et est composée de dix cadres servant à stocker le miel.
Le miel récolté provient des cadres situés dans la hausse (partie haute) de la ruche à laquelle la reine ne peut pas accéder. Une hausse contient environ 15 kg de miel.
Le miel est stocké dans des alvéoles fermées hermétiquement par de la cire.
L'extraction du miel se fait mécaniquement. Un couteau désopercule la cire puis les cadres sont centrifugés pour faire s'écouler le miel.
Avant d'être mis en pot, le miel est stocké plusieurs mois en fût où il cristallisera naturellement. Il sera ensuite malaxé à 35 °C pendant quelques jours afin de le ramollir et de pouvoir le conditionner en pot. Une fois cette étape réalisée, le miel ne cristallisera plus.
Le Gaec Miels du pays de Châteaubriant (44) possède près de 400 ruches réparties sur une trentaine d'emplacement. Pour favoriser le cycle naturel des abeilles, les apiculteurs ne surchargent pas les ruchers (10 à 15 ruches) pour éviter la concurrence entre abeilles pour se nourrir.
Une ruche accueille une colonie de 50 000 abeilles (jusqu'à 70 000 en mai-juin) et est composée de dix cadres servant à stocker le miel.
Le miel récolté provient des cadres situés dans la hausse (partie haute) de la ruche à laquelle la reine ne peut pas accéder. Une hausse contient environ 15 kg de miel.
Le miel est stocké dans des alvéoles fermées hermétiquement par de la cire.
L'extraction du miel se fait mécaniquement. Un couteau désopercule la cire puis les cadres sont centrifugés pour faire s'écouler le miel.
Avant d'être mis en pot, le miel est stocké plusieurs mois en fût où il cristallisera naturellement. Il sera ensuite malaxé à 35 °C pendant quelques jours afin de le ramollir et de pouvoir le conditionner en pot. Une fois cette étape réalisée, le miel ne cristallisera plus.