Des résultats encourageants pour le Hub Vrac

30 août 2021 - Léa Lesurf

L’expérimentation, co-portée par Réseau Vrac, We Bulk et Petrel, pour créer une boucle de réemploi des emballages entre fournisseurs et épiceries vrac, affiche des résultats encourageants. Pour ses promoteurs, il reste à trouver un modèle économique viable afin de déployer cette solution en région.

Belledonne fait partie des six fournisseurs engagé dans le projet Hub Vrac, avec Moulin des Moines, Beendi, Agrosourcing, La ferme bio du point du jour et Bioloclock (©Belledonne-2021)

Après cinq mois d’expérimentation, les résultats du Hub Vrac sont enfin disponibles. Pour rappel, ce projet pilote porté par l’association Réseau Vrac ainsi que les sociétés We Bulk et Petrel a permis de tester de février à mai 2021, l’impact de la mise en œuvre en Île-de-France d’une boucle de réemploi pour les contenants qui transitent entre les fournisseurs et les épiceries vrac. Au total, une vingtaine d’entreprises ont participé à cette expérimentation (lire encadré).

50 kg d’emballages jetables économisés

D’après les porteurs du projet, les retours sont plus que positifs. Quantitativement d’abord, les 161 bacs utilisés dans la boucle ont permis d’éviter la consommation de 50 kg de d’emballages à usage unique. Par ailleurs, le système de centralisation des commandes, via la plateforme We Bulk, a permis de réduire les émissions de CO2 de 0,5 kg par rapport à un système de livraison classique.

La crainte d’un effet rebond, qui déplacerait le problème des emballages jetables vers une augmentation du bilan carbone liée au transport et au nettoyage des bacs, a finalement été levée. D’après les promoteurs du projet, l’impact du système de réemploi est meilleur que le modèle préemballé au bout de sept cycles de livraison/récupération.

Qualitativement ensuite, le pilote a largement fédéré les acteurs autour de la nécessité d’optimiser l’amont de la filière, dont la forte consommation d’emballages jetables s’avère en totale incohérence avec la philosophie du vrac. Autre point positif, le taux de casse des produits s’est avéré plus faible dans les bacs réutilisables que dans les emballages jetables.

Le magasin Couleur Vrac à Créteil (94) fait partie des 10 épiceries qui ont expérimenté le projet Hub Vrac (Crédit : Réseau Vrac).

Un modèle économique à trouver

Face à ce bilan très encourageant, il « reste à mettre en place une solution économiquement viable pour déployer et généraliser des plateformes à grande échelle » affirme Célia Rennesson. D’après la directrice de Réseau Vrac, certains adhérents de l’association se lancent déjà dans la mise en place de nouveaux « Hub Vrac » dans d’autres régions.

Pour ce pilote, les coûts supplémentaires (calculés par bac et par cycle, incluant le prix du bac, le transport, le stockage, le reconditionnement et le nettoyage) demeurent néanmoins importants pour les commerçants. Ils ont été entièrement supportés par We Bulk sans aucun surcoût pour les fournisseurs. La massification des volumes fait partie des orientations envisagées pour réduire les dépenses.

La boucle logistique du Hub Vrac

En Ile-de-France, le concept a été testé par 10 épiceries vrac et six fournisseurs, sur un total de 20 références de produits secs. Le principe de la boucle logistique était le suivant : les fournisseurs livrent les produits à FM Logistique à Mormant (77) qui s’occupe de les conditionner dans des bacs hermétiques réutilisables. Ils sont acheminés aux épiceries par le transporteur Speed Distribution, qui les récupère vides lors de la livraison suivante. Les bacs sont envoyés au centre de lavage Pandobac avant de retourner chez FM Logistique. Cette boucle s’appuie sur deux sociétés support. La market place We Bulk fait le lien entre fournisseurs, magasins et prestataires, et centralise la logistique. La société Petrel assure quant à elle la traçabilité des produits via une application qui les suit ainsi que les bacs tout au long de la boucle logistique.