La bio a gagné 15 % de nouveaux consommateurs en 2020

19 mars 2021 - Léa Lesurf

D’après le 18ème baromètre de l’Agence Bio, la crise sanitaire n’a pas impacté l’appétit des Français pour la bio ni sa bonne image. Parmi les bonnes nouvelles, le marché a continué de recruter parmi les jeunes et les classes populaires. Mieux, le prix freine de moins en moins les acheteurs en 2020.

Les Français aiment toujours plus les produits estampillés AB. C’est l’Agence Bio qui nous l’apprend avec les résultats de son baromètre annuel mené auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 internautes de plus de 18 ans et publié le 19 mars 2021. La crise sanitaire, loin d’avoir éloigné les consommateurs du bio, semble au contraire avoir renforcé l’attractivité du marché.

Parmi les bonnes nouvelles, « la famille des consommateurs bio s’est agrandie avec 15 % de nouveaux venus », annonce Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, nommée à ce poste en janvier dernier. Parmi ces novices, trois profils sont surreprésentés : les jeunes entre 18 et 24 ans, les classes populaires et les femmes, signe de la démocratisation du marché. Au total, plus de neuf Français sur 10 consomment des produits bio.

Les bienfaits sur la santé en tête

Dans le détail, la grande majorité, soit 73 %, en consomme au moins une fois par mois et 13 % quotidiennement. Parmi les motivations, la santé est toujours la première raison pour 61 % des sondés, suivi par les considérations environnementales qui prennent de plus en plus de poids (48 %).

La question du budget reste centrale puisque le prix demeure, cette année encore, le premier frein à la consommation de produits issus de l’agriculture biologique pour 73 % des Français. Les mentalités évoluent néanmoins puisqu’en 2019, ce frein était cité par 80 % des sondés.

L’Agence Bio avance sur ce point deux hypothèses. « Les consommateurs prennent de plus en plus en compte les tenants et les aboutissants d’une production en agriculture biologique qui a plus de contraintes et de risques, ce qui entraîne un léger surcoût », avance Laure Verdeau. La directrice constate également l’acquisition de certains réflexes pour mieux maîtriser le budget consacré à l’alimentation.

Les consommateurs à l’économie

« Les consommateurs de bio privilégient les produits bruts à cuisiner, moins emballés, qui sont moins chers. Ils ont aussi le réflexe d’aller en circuits courts, ils gaspillent moins et consomment de saison lorsque les prix sont les moins élevés », poursuit-elle.

Ces comportements ont été d’autant plus accentués l’an passé durant la crise sanitaire. Selon le baromètre, 55 % des Français affirment avoir davantage cuisiné en 2020. C’est huit points de plus qu’en 2019. Par ailleurs, 59 % des sondés (5 points supplémentaires en 2020) ont privilégié les produits locaux et les circuits courts.

Cette volonté de soutenir les producteurs est encore plus marquée chez les consommateurs de bio. Lesquels auraient même eu tendance l’an passé à délaisser la GMS au profit de la vente directe. Pour confirmer ces dernières données, rendez-vous en juillet à l’occasion de la publication des chiffres du marché de l’Agence Bio.